Meilleurs batteurs de rock : qui sont-ils et qu'ont-ils en commun ?
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Pour le magazine Rolling Stone, le meilleur batteur de rock est John Bonham, de Led Zeppelin, numéro un de sa liste des 100 plus grands batteurs de tous les temps publiée en mars 2016. Keith Moon (The Who) et Ginger Baker (Cream) le suivent, Neil Peart (Rush) ferme le quatuor de tête. À les écouter l'un après l'autre, j'y entends surtout un point commun : chacun joue avec son groupe plutôt qu'à côté, même quand il se lance dans un solo. Voici qui sont ces batteurs connus du rock, ce qui les rapproche, et ce que leur jeu peut apprendre à quelqu'un qui tient ses baguettes depuis deux ans ou depuis vingt.
Qui est le meilleur batteur de rock selon Rolling Stone ?
Le classement de Rolling Stone mélange tous les styles, du jazz à la soul en passant par le funk. Parmi les batteurs de rock qu'il retient, voici ceux dont parle cet article :
- 1er, John Bonham (Led Zeppelin) ;
- 2e, Keith Moon (The Who) ;
- 3e, Ginger Baker (Cream) ;
- 4e, Neil Peart (Rush) ;
- 8e, Mitch Mitchell (The Jimi Hendrix Experience) ;
- 10e, Stewart Copeland (The Police) ;
- 12e, Charlie Watts (The Rolling Stones) ;
- 14e, Ringo Starr (The Beatles) ;
- 27e, Dave Grohl (Nirvana).
D'autres votes, comme celui des lecteurs de MusicRadar en 2021, ne donnent pas le même ordre ; notre article sur le meilleur batteur metal selon les classements les compare un à un.
Bonham, Moon, Baker, Peart : quatre manières de porter un groupe
Tout part d'une chanson. Sur « Good Times Bad Times », le premier titre du premier album de Led Zeppelin, Bonham lâche des rafales de grosse caisse si serrées qu'on les croirait jouées à deux pieds ; il n'a qu'une grosse caisse. Rolling Stone décrit un jeu lourd mais jamais pesant, virtuose sans démonstration inutile, avec ce balancement légèrement en arrière du temps que Dave Grohl dit avoir passé des années à imiter dans sa chambre.
Keith Moon est son contraire. Il refusait les solos de batterie et traitait son instrument comme l'instrument principal des Who. Son bassiste John Entwistle expliquait au magazine que ses breaks étaient mélodiques, parce qu'il essayait de jouer avec tout le groupe à la fois. Le revers est connu : son tempo flottait, et seules les pistes de synthétiseur de Who's Next l'ont tenu en place. Moon est mort en septembre 1978.
Ginger Baker, lui, arrivait du jazz. Dans Cream, que Rolling Stone tient pour le premier power trio (guitare, basse, batterie, rien d'autre), il a apporté les longs solos, la double grosse caisse et un jeu polyrythmique, c'est-à-dire plusieurs découpages du temps superposés. Neil Peart a fait le chemin inverse de Moon : retenu par Rush en 1974 parce qu'il frappait fort, « très Keith Moon » selon Alex Lifeson, il est devenu le batteur le plus précis et le plus écrit du genre, allant jusqu'à sortir cloches d'orchestre, temple blocks et timbales pour « Xanadu » ou « The Trees ».

Ringo Starr, Charlie Watts, Stewart Copeland : jouer pour la chanson
Plus bas dans la liste, un autre type de grand batteur rock. Ringo Starr, gaucher installé sur une batterie de droitier, a inventé à partir de cette contrainte des roulements bien à lui. Rolling Stone l'entend dans les roulements qui ouvrent « She Loves You » ou dans le travail de cymbales de « Rain », et cite Jim Keltner : en studio, c'était le batteur que tout le monde essayait d'imiter.
Charlie Watts, membre des Rolling Stones de 1963 à sa mort en août 2021, a passé sa vie à ne pas se montrer. Un groove qui balance dans « Brown Sugar », une pulsation droite dans « Satisfaction ». Jim Keltner s'en émerveillait : Watts pouvait presser le tempo sans que le morceau perde son assise. Stewart Copeland, enfin, est décrit comme le grand batteur le moins intéressé par sa caisse claire : le son de la Police tient à l'espace qu'il laisse et à ses motifs de charleston, qu'on retrouve aussi sur « Red Rain » de Peter Gabriel.
Ce que ces batteurs de rock ont en commun
Le premier fil, c'est le jazz. Baker en vient, Mitch Mitchell est présenté comme un disciple du jazzman Elvin Jones, et Watts s'offrait des projets de jazz à côté des Stones. Copeland reconnaît même que tout ce dont il était fier, il l'avait pris chez Mitchell.
Le deuxième, c'est l'écoute, déjà entendue dans les breaks de Moon : Copeland jouait avec l'espace, Ringo aidait chaque morceau des Beatles à trouver sa forme. Le troisième, plus surprenant, c'est l'imperfection assumée. Le tempo de Moon vacillait, celui de Watts pressait : aucun des deux n'était un métronome, et tous deux figurent pourtant dans les quinze premiers.
Que retenir de leur jeu quand on apprend la batterie ?
La première leçon renvoie au pied unique de Bonham : la double pédale peut attendre que le pied de grosse caisse soit solide. La deuxième vient de Copeland et de Watts : un rythme de base bien posé, caisse claire sur les deuxième et quatrième temps, vaut plus qu'un break de trop. Les rythmes de batterie essentiels du rock restent le socle sur lequel tous ces musiciens ont construit leur style.
La troisième leçon est une affaire de son. Dave Grohl raconte à Spin, en 1997, qu'il s'entraînait gamin sur des oreillers avec de grosses baguettes de fanfare, d'où sa frappe. Le producteur de Nevermind, Butch Vig, se souvient que Kurt Cobain lui avait annoncé avoir trouvé « le meilleur batteur du monde », qui jouait plus fort que quiconque. Copeland montre l'autre versant : selon le bassiste Les Claypool, il sortait son propre son d'une batterie aux peaux usées trouvée dans un coin. « Tout est dans sa façon d'attaquer ses fûts », en a conclu Claypool.
Reste à écouter. Choisissez un morceau de chacun, un seul, et suivez la batterie du premier au dernier temps sans regarder ailleurs. Commencez par « Rain » des Beatles en n'écoutant que les cymbales de Ringo : la chanson change de couleur. Puis, si l'héritage de Keith Moon vous intrigue, lisez le portrait de Zak Starkey, batteur des Who de 1996 à 2025.


