Hans Zimmer : qui est-il et quelles sont ses musiques les plus connues ?
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Hans Zimmer est le compositeur allemand qui a signé les musiques du Roi lion, de Gladiator, d'Inception, d'Interstellar et de Dune. Né en 1957 à Francfort, il a reçu deux Oscars de la meilleure musique originale, pour Le Roi lion et pour Dune. Si ses partitions donnent des frissons, c'est qu'elles partent presque toujours d'un détail minuscule (deux notes, un tic-tac, le souffle d'un orgue) et le font grandir jusqu'à remplir la salle.
Ce détail touche souvent au temps. Gardez ce mot en tête.
Qui est Hans Zimmer ?
Enfant, Hans Zimmer joue du piano à la maison mais ne supporte pas longtemps les leçons. Adolescent, il part pour Londres. Avant le cinéma, il y a la pop : il tient les claviers et les synthétiseurs dans des groupes de la fin des années 1970.
La bascule arrive avec Rain Man, de Barry Levinson, en 1988. Sa musique lui vaut sa première nomination aux Oscars. Il fonde ensuite le studio Media Ventures, devenu Remote Control Productions, qui réunit d'autres compositeurs autour de lui. Ce mélange d'électronique et d'orchestre l'oppose à un symphoniste comme John Williams, comparaison menée dans John Williams contre Hans Zimmer.
Hans Zimmer : les musiques à connaître, film par film
Sur des dizaines de films, voici les partitions qu'on lui demande le plus, avec le procédé de chacune.
| Film (année) | Le morceau ou la partition | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| Rain Man (1988) | La partition entière | Première nomination aux Oscars |
| Le Roi lion (1994) | La partition entière | Son premier Oscar, remis en 1995 |
| Gladiator (2000) | « Now We Are Free », avec Lisa Gerrard et Klaus Badelt | Golden Globe de la meilleure musique, partagé avec Lisa Gerrard |
| Da Vinci Code (2006) | « Chevaliers de Sangreal » | Cordes, chœur et synthétiseurs empilés jusqu'à la scène finale |
| Inception (2010) | « Time » et les cuivres du film | Deux notes d'Édith Piaf, ralenties |
| Interstellar (2014) | Le thème principal | Un grand orgue d'église enregistré à Londres |
| Dunkerque (2017) | La partition entière | Une illusion sonore qui monte sans fin et la montre de Christopher Nolan |
| Dune (2021) | La partition entière | Son deuxième Oscar, remis en 2022 |
En Allemagne, le film s'intitule Da Vinci Code : Sakrileg ; le morceau qu'on y cherche est « Chevaliers de Sangreal ».
Deux notes de « Non, je ne regrette rien » au cœur d'Inception
Dans Inception, les personnages se servent d'une chanson pour se prévenir qu'il faut se réveiller : « Non, je ne regrette rien », d'Édith Piaf. Zimmer a pris les deux notes qui ouvrent la chanson et les a ralenties, au point qu'on ne les reconnaît plus : elles deviennent les cuivres massifs du film. Selon NPR, il décrivait toute sa partition comme des divisions et des multiplications du tempo de ce morceau.
Le procédé colle au film. Dans les rêves d'Inception, le temps s'étire ; la musique s'étire avec lui.
Pourquoi ses musiques donnent-elles des frissons ?
Parce qu'elles jouent avec l'attente. Pour Dunkerque, Nolan avait construit son scénario comme une pièce musicale et lui a envoyé l'enregistrement de sa propre montre ; Zimmer en a tiré un tic-tac de synthétiseur qui fait sentir l'urgence. Par-dessus, il utilise la gamme de Shepard, une illusion faite de plusieurs sons superposés à une octave d'écart : l'oreille croit que la note monte sans arrêt, alors qu'elle tourne en boucle. Zimmer l'a raconté à la radio canadienne CBC.

Pour Interstellar, c'est le contraire du synthétiseur. Zimmer avait d'abord écrit sur des sons d'orgue échantillonnés, puis il a voulu un vrai instrument et un organiste. En 2014, Roger Sayer, alors organiste de Temple Church à Londres, a joué la partition sur l'orgue Harrison & Harrison à quatre claviers de l'église, selon la revue britannique Gramophone. Un orgue respire, on entend l'air dans les tuyaux ; dans un film sur le temps qui file loin de la Terre, ce souffle serre la gorge.
La science donne une piste, sans tout expliquer. En 2011, l'équipe de Robert Zatorre à l'université McGill a publié dans Nature Neuroscience une étude sur les frissons musicaux : chez des auditeurs qui écoutaient leurs propres morceaux préférés, le cerveau libérait de la dopamine au moment du frisson, mais aussi dans les secondes qui le précédaient, pendant l'attente (communiqué de l'université McGill). L'étude ne portait que sur huit personnes, avec la musique de leur choix : elle ne dit pas que Zimmer donne la chair de poule à tout le monde. Elle éclaire pourtant le rôle de l'attente, celle que le tic-tac de Dunkerque entretient. Nous avons rassemblé d'autres travaux sur ce sujet dans ce que dit la science sur le son et les émotions.
Réécoutez « Time », le dernier morceau de l'album d'Inception, et guettez les cuivres graves, des notes étirées jusqu'à devenir méconnaissables. Puis lisez comment les musiques de film guident vos émotions, pour voir le même art de l'attente chez d'autres compositeurs.


