Zak Starkey : ce qui fait de lui un grand batteur rock

Batterie micro-repiquée sur une scène vide, entre deux retours de scène et deux claviers rouges

Zak Starkey est le fils de Ringo Starr, le batteur des Beatles. Il a tenu la batterie des Who de 1996 à 2025, et celle d'Oasis en même temps, de 2004 à 2008, avant d'être renvoyé deux fois des Who au printemps 2025, puis rappelé pour une répétition en août 2026. Le meilleur batteur rock de sa génération ? Deux grands groupes britanniques l'ont en tout cas choisi : voici son parcours, groupe par groupe.

Qui est le fils de Ringo Starr ?

Zak Starkey est né en 1965 à Londres, de Ringo Starr et de sa première femme, Maureen. Ringo Starr est un nom de scène ; Starkey est le nom de la famille. On le croise donc parfois sous le nom de « Zak Starr » ou « Zack Starkey » : c'est le même homme, et il signe Zak.

Ringo, pourtant, n'a presque rien transmis à son fils. En juin 2022, en recevant un doctorat honoris causa du Berklee College of Music, il raconte, selon le site Ultimate Classic Rock, avoir donné à son fils la leçon de batterie de Ringo Starr réservée aux débutants, un rythme tout simple, puis une seconde, un peu plus compliquée, quelques semaines plus tard. Le garçon répond qu'il sait déjà le faire. Réponse du père : « Alors, tu te débrouilles seul. » Zak a donc appris ailleurs, auprès d'un ami de la famille.

Dans un long entretien accordé au magazine américain Modern Drummer en 2006, Zak nomme son modèle : Keith Moon, le batteur des Who, qu'il décrit comme « un oncle » et parfois comme son baby-sitter. Le déclic vient à huit ans, avec la compilation Meaty Beaty Big and Bouncy. À douze ans, il reçoit de Moon une batterie Premier blanche et or à double grosse caisse. Ils parlaient de filles, de surf, de groupes ; jamais il ne s'est assis à un kit à côté de lui.

Grande batterie blanche à deux grosses caisses et nombreux toms, installée sur une scène sombre
Une batterie à double grosse caisse, le format qu'affectionnait Keith Moon.

Comment Zak Starkey est-il devenu le batteur des Who ?

Avant les grandes scènes, il a passé une dizaine d'années à traîner son kit dans des groupes inconnus, à travers l'Angleterre. C'est dans un pub que John Entwistle, le bassiste des Who, l'entend jouer et l'invite dans son propre groupe.

En 1996, il rejoint les Who pour la tournée Quadrophenia. Il succède, presque vingt ans après sa mort, à Keith Moon, et il explique très précisément l'exercice à Modern Drummer. Certains roulements doivent être rejoués à l'identique, parce que le public les attend note pour note. Sur « The Real Me », en revanche, Moon ne jouait jamais tout à fait la même chose d'un soir à l'autre : il faut garder l'esprit sans copier la lettre.

Le même journaliste souligne l'autre face de son jeu. Chez Oasis, il le trouve « d'un goût parfait », avec des rythmes amples, presque tribaux, loin du simple coup de caisse claire sur les deuxième et quatrième temps qui fonde les rythmes de batterie essentiels du rock.

Oasis : quatre ans derrière les Gallagher

En 2004, Zak Starkey remplace Alan White derrière la batterie d'Oasis et y reste jusqu'en 2008. Il joue sur scène avec le groupe et enregistre Don't Believe the Truth et Dig Out Your Soul, comme musicien invité, sans jamais en devenir membre officiel.

Le morceau qui le raconte le mieux est « The Shock of the Lightning », premier extrait de Dig Out Your Soul en 2008. Le rythme fonce tout droit, parsemé de roulements que personne n'attendait. Interrogé par le magazine Rhythm, il avoue : « Je l'ai fait pour rire ! » Personne dans le groupe ne pensait que ces breaks survivraient au mixage ; il a découvert le contraire à la radio. Dans le même entretien, repris par MusicRadar, il juge le poste aussi difficile que celui des Who : chez Oasis, si son jeu était un peu trop lent ou trop rapide, tout le monde l'entendait.

Quand Oasis s'est reformé pour sa tournée de 2025, les baguettes sont allées à Joey Waronker. Zak s'est dit « dégoûté » sur le plateau de BBC Breakfast, fin mai 2025, tout en appelant Oasis « le plus grand groupe de rock'n'roll de [sa] génération ».

Zak Starkey et ses autres groupes, du All-Starr Band à la Jamaïque

Hors des Who et d'Oasis, son nom apparaît dans des projets très différents les uns des autres.

Groupe ou projetPériodeCe qu'on y entend
Ringo Starr & His All-Starr BandAnnées 1990Le fils derrière les fûts, dans le groupe du père
Johnny Marr & The HealersAnnées 2000L'album Boomslang (2003), avec l'ancien guitariste des Smiths
SSHH et Trojan JamaicaAnnées 2010 et 2020Un duo avec Sharna « SSHH » Liguz, puis un label de reggae en Jamaïque
Mantra of the Cosmos2025« Domino Bones (Gets Dangerous) », avec Shaun Ryder, Bez, Andy Bell et Noel Gallagher au refrain

Le label Trojan Jamaica, lancé avec Sharna Liguz en partenariat avec BMG, a sorti en 2020 Got to Be Tough, l'album de Toots and the Maytals. Zak y tient la guitare et la post-production, pas la batterie, confiée à Sly Dunbar. Le disque a remporté en 2021 le Grammy du meilleur album reggae.

Pourquoi les Who se sont-ils séparés de Zak Starkey en 2025 ?

L'affaire part du 30 mars 2025, au Royal Albert Hall de Londres, lors d'un concert au profit du Teenage Cancer Trust. Les Who y jouent pour la première fois sur scène « The Song Is Over », un titre de Who's Next, et le morceau déraille. Roger Daltrey s'interrompt et lance au public qu'il n'entend pas la tonalité : « Tout ce que j'ai, ce sont des batteries qui font boum, boum, boum. » Les semaines suivantes tiennent en trois dates :

  1. Mi-avril 2025 : le groupe annonce le départ de son batteur. Zak révèle avoir souffert en janvier de caillots sanguins dans le mollet droit, la jambe de la grosse caisse, désormais guéris, et se dit « surpris et attristé » qu'on reproche quoi que ce soit à son jeu ce soir-là.
  2. 19 avril 2025 : volte-face. Pete Townshend parle de « problèmes de communication » et écrit, rapporte le Guardian, que Daltrey et lui souhaitent seulement que Zak « resserre » son jeu.
  3. 18 mai 2025 : Townshend annonce une séparation définitive et présente le remplaçant, Scott Devours, batteur du groupe solo de Daltrey. Zak affirme qu'on lui a demandé d'écrire qu'il partait de lui-même, ce qu'il a refusé : « Ce serait un mensonge. »

Relisez son message de mai. Il y décrit des semaines passées à entrer et sortir du groupe « like a bleedin' squeezebox », comme un fichu accordéon. « Squeeze Box » est une chanson des Who, celle dont le refrain répète justement « in and out » : en pleine brouille, il répond à ses patrons avec leurs propres paroles. Sa version du concert, il la donnera plus tard : selon lui, le chanteur est entré quatre mesures trop tôt, puis a accusé une batterie trop forte.

La tournée d'adieu nord-américaine, The Song Is Over, part le 16 août 2025 de Sunrise, en Floride, sans lui, et s'achève en octobre.

Zak Starkey va-t-il revenir dans les Who en 2026 ?

Le 26 août 2026, sur la scène de l'Encore Theater de Las Vegas, en solo, Roger Daltrey annonce que les Who ont répété avec Zak Starkey en vue de possibles concerts en Europe : « Ça sonnait très bien. » Zak confirme à Rolling Stone : un après-midi de répétition, « absolument en feu », puis : « C'est bon d'être de retour à la maison. » Il y glisse aussi qu'une répétition des Who se résume d'habitude à boire du thé en se demandant à quelle heure on rentre.

Quelques jours plus tard, Daltrey précise que la répétition servait à voir si le groupe pouvait encore jouer l'an prochain, « toujours atteindre les notes, toujours avoir l'élan ». Il ajoute : « Zak n'est pas Keith Moon, mais il s'en approche de très près. » Aucune date n'était annoncée à la mi-octobre 2026, et Scott Devours restait le batteur de Daltrey en solo.

Zak Starkey est-il le meilleur batteur rock de sa génération ?

Le meilleur argument pour lui tient dans le grand écart entre ses deux employeurs : les Who exigent l'élan imprévisible de Moon, Oasis une pulsation qui ne bouge pas d'un cheveu, et il a tenu les deux postes en même temps. Notre article sur le rôle du batteur dans un groupe détaille ce que ces groupes attendent d'un batteur.

Reste une limite : « meilleur » ne se mesure pas, et il a passé l'essentiel de sa carrière à jouer des parties inventées par d'autres. Lui-même le disait en 2006 : « Je ne suis pas une star du rock'n'roll. » Avant d'ajouter, pince-sans-rire, qu'il était en revanche un musicien qui réussissait très bien.

Réécoutez « The Real Me » sur l'album Quadrophenia de 1973, puis sur Quadrophenia: Live in London, enregistré à Wembley en 2013 avec Zak : repérez les roulements qui lancent le morceau, cherchez où il colle à Moon, et où il s'en écarte. Pour comparer avec d'autres grands frappeurs, passez par les secrets des grands batteurs de rock.

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