Comment enregistrer une batterie acoustique et la mixer ?
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Pour enregistrer une batterie acoustique, on prépare d'abord le kit et la pièce, on choisit ensuite entre deux micros pour tout l'instrument ou un micro par élément, puis on vérifie la phase avant la première prise. Le mixage vient après : du poids dans la grosse caisse, les toms regroupés, une compression dosée.
Avant de poser un micro, que faut-il préparer sur la batterie ?
Dans son guide « Recording Drums » publié en novembre 2022, Shure commence par le kit, pas par les micros. Des peaux usées sont très difficiles à accorder : le fabricant conseille de les changer d'abord. Si un fût résonne encore trop et que l'on cherche un son plus sec, un gel amortisseur posé sur la peau peut aider. Avec un petit budget, Shure suggère même de mettre l'argent dans les cymbales en priorité. Pour l'accordage fût par fût, notre guide du réglage de la batterie détaille la méthode.
Reste la pièce, qui s'entend sur chaque prise. Shure décrit deux voies : garder son acoustique naturelle, ou l'assourdir avec des matériaux absorbants et ajouter la réverbération plus tard, dans le logiciel. La première fige la salle dans l'enregistrement, et elle a fait ses preuves : le même guide rappelle que Led Zeppelin a enregistré la batterie de l'album « Led Zeppelin IV » au pied d'une cage d'escalier de trois étages.
Combien de micros faut-il pour enregistrer une batterie ?
Il n'y a pas de nombre juste. Shure oppose deux écoles. La première traite le kit comme un seul instrument : deux micros placés au-dessus, les overheads, entre deux et trois mètres du sol, complétés si besoin par un micro de grosse caisse et un de caisse claire. Elle ne fonctionne, selon Shure, qu'avec un très bon batteur dans une pièce qui sonne très bien. La seconde place un micro près de chaque élément : plus de contrôle au mixage, mais plus de pistes à faire tenir ensemble.
En février 2021, le magazine britannique Sound On Sound a comparé cinq façons d'enregistrer un kit avec deux micros seulement. Voici deux d'entre elles, qui se règlent au mètre ruban.
| Technique | Placement des deux micros | Point à surveiller |
|---|---|---|
| Glyn Johns | Un micro au-dessus de la caisse claire, à environ 1,5 à 1,8 m de haut ; l'autre plus bas, côté tom basse, pointé vers la caisse claire | Les deux micros à égale distance du centre de la caisse claire ; ajuster le panoramique pour la recentrer |
| Recorderman | Un micro au-dessus de la caisse claire, un peu plus haut que deux baguettes mises bout à bout ; l'autre au-dessus de l'épaule droite du batteur, vers la batte de grosse caisse | Grosse caisse et caisse claire à égale distance des deux micros, ce que l'auteur juge délicat mais faisable |
Quand la paire d'overheads accompagne des micros de proximité, trois dispositions stéréo reviennent. En A/B, deux micros espacés à gauche et à droite de la grosse caisse donnent une image large et beaucoup de pièce, au risque de problèmes de phase, prévient Shure. En X/Y, les deux capsules sont presque collées, à 90° l'une de l'autre selon le fabricant DPA : moins de soucis de phase, mais moins de maîtrise sur l'équilibre du kit. L'ORTF, enfin, écarte deux micros cardioïdes de 17 cm ; DPA le décrit comme plus large que le X/Y tout en gardant une bonne part d'information mono.





Où placer les micros de proximité sur chaque élément ?
Pour la prise rapprochée, le guide de Shure donne des repères précis, élément par élément :
- Grosse caisse : un micro dynamique conçu pour elle. À l'intérieur du fût, tourné vers la batte, il capte l'attaque ; plus en arrière, ou devant la peau de résonance, il gagne des graves. Un coussin dans le fût calme les résonances trop longues.
- Caisse claire : à une bonne dizaine de centimètres de la peau (4 pouces), orienté vers le centre ; le SM57 de la marque y est courant. Un second micro sous le fût capte le timbre. Un dynamique apporte du poids et isole mieux, un condensateur plus de détail dans les aigus, mais il encaisse moins bien les fortes pressions sonores.
- Toms : rarement équipés dans l'approche minimale, souvent dans le rock et le metal actuels, avec des dynamiques pour un son plein et moins de repisse, c'est-à-dire le son des autres fûts qui entre dans le micro.
- Charleston : les overheads suffisent en général ; sinon, un petit condensateur à 10 ou 15 cm, pointé vers le bord, du côté opposé à la caisse claire.





Pourquoi vérifier la phase avant la première prise ?
Un coup de caisse claire n'atteint pas tous les micros au même instant. Si deux signaux arrivent en opposition, ils s'annulent en partie et la batterie sonne maigre, sans que l'on comprenne pourquoi. Le cas le plus net est la caisse claire : selon Shure, ses micros du dessus et du dessous sont quasiment toujours en opposition de phase, d'où l'inversion de polarité sur l'un des deux. Le fabricant propose une vérification simple : faire jouer le batteur, monter la grosse caisse seule, puis ajouter chaque piste avec et sans inversion, et garder la version qui sonne la plus pleine.
Comment mixer une batterie acoustique une fois enregistrée ?
Shure pose un principe : dans presque tous les cas, la grosse caisse a besoin de plus de poids. Pour la suite, le site du magazine MusicRadar a publié neuf conseils de mixage de batterie. Regrouper les toms sur une même piste de groupe, avec un compresseur, un égaliseur et une réverbération, les rend plus cohérents qu'un traitement fût par fût. La compression parallèle, dite « à la new-yorkaise », mélange le signal compressé et le signal d'origine : la dynamique se resserre, l'attaque des coups reste intacte.
Sur les overheads, le même article déconseille les fortes accentuations au-dessus de 10 kHz et la compression, sauf pour une couleur volontairement ancienne ; s'ils sonnent étrangement à côté des micros de proximité, il suggère d'inverser la phase. Il propose aussi de recaler une piste dans le temps : dans son exemple, décaler d'environ 4 ms le micro du dessous de la caisse claire rend le bas du spectre plus solide. On ne peut aligner ainsi qu'un seul élément, la caisse claire de préférence. Chaque fût peut recevoir sa propre réverbération, à condition que tous semblent joués dans la même pièce. Pour le reste de la chanson, notre méthode pour un mixage équilibré prend le relais.
Un dernier conseil de MusicRadar se joue pendant la séance, avant que le batteur range ses baguettes : « Encore quelques coups sur chaque élément, un par un : fort, moyen, doux. » Ces frappes isolées fournissent des sons assortis pour remplacer plus tard une frappe ratée ; une cymbale oubliée en fin de roulement se comble, elle, par un échantillon sur une piste séparée.
Avant votre propre séance, réécoutez la batterie d'un disque que vous connaissez par cœur, casque sur les oreilles : la caisse claire est-elle au centre, entend-on la pièce autour des fûts ? Si c'est la vôtre qui sonne mal, commencez par elle, avec nos astuces pour l'acoustique d'un home studio.


