Séquenceur MIDI : comment l'utiliser dans un home studio ?

Petit clavier maître MIDI avec huit pads, posé sur un bureau en bois à côté d'une souris

Un séquenceur MIDI n'enregistre pas de son. Il enregistre des instructions : quelle note, à quel moment, avec quelle force, pendant combien de temps. Dans un home studio, on s'en sert en cinq gestes : relier un clavier à l'ordinateur, créer une piste MIDI qui porte un instrument virtuel, jouer ou dessiner les notes, les corriger dans le piano roll, puis arranger le morceau. Voici chaque geste, avec les outils gratuits pour commencer et les réglages qui gâchent un groove.

Qu'est-ce qu'un séquenceur MIDI enregistre vraiment ?

Le MIDI (Musical Instrument Digital Interface) est un langage commun qui permet à des claviers, des synthétiseurs et des ordinateurs de se transmettre des ordres musicaux. La MIDI Association le dit sans détour : le MIDI n'est pas de l'audio, ce sont des instructions de jeu, pas l'enregistrement d'un son. Sa première démonstration publique a eu lieu en janvier 1983, au salon NAMM d'Anaheim, entre un Prophet-600 de Sequential Circuits et un Jupiter-6 de Roland, comme le raconte l'histoire publiée par la MIDI Association. La norme prévoit seize canaux, donc seize parties indépendantes sur un même câble.

Le séquenceur est l'outil qui range ces instructions dans le temps et les rejoue. Retenez ce mot : instructions. Parce qu'il ne garde que des ordres, une note jouée trop tôt se déplace, un piano devient un orgue sans rejouer une seule touche et une mélodie change de tonalité en un clic. C'est tout l'intérêt, et c'est aussi sa limite : sans instrument pour les lire, ces instructions restent muettes.

Mains sur un clavier maître MIDI, devant un écran de logiciel de musique et une enceinte de studio
Le clavier envoie les notes, le logiciel les enregistre et les fait jouer par un instrument virtuel.

Séquenceur logiciel ou matériel : lequel choisir ?

Dans un home studio, le séquenceur est presque toujours intégré au logiciel de musique (on dit aussi DAW, pour station audionumérique) : Ableton Live, Logic Pro, FL Studio ou GarageBand enregistrent l'audio et le MIDI dans le même projet. Il existe aussi des séquenceurs matériels, qui fonctionnent sans écran. Le KeyStep mk2 d'Arturia, par exemple, est présenté par son fabricant comme un contrôleur et séquenceur polyphonique, avec des sorties MIDI DIN, USB-C et CV/Gate pour piloter des synthétiseurs analogiques.

CritèreSéquenceur logicielSéquenceur matériel
Édition des notesÀ la souris, sur grand écran, note par notePar boutons et touches, sans écran
SonsInstruments virtuels du logicielSynthétiseurs externes, ou le logiciel via USB
UsageComposer, arranger, mixer au même endroitJouer sans ordinateur, sur scène ou avec des synthés

Pour un premier home studio, le logiciel suffit : il contient déjà le séquenceur, les sons et l'éditeur. Le matériel vient plus tard, si l'on veut jouer loin de l'écran.

Séquenceur MIDI gratuit : par où commencer ?

Sur Mac, GarageBand est gratuit sur l'App Store et Apple y décrit un éditeur Piano Roll pour reprendre ses parties note par note, des instruments logiciels et un batteur virtuel, Drummer. Il existe aussi en version iPhone et iPad. Autre porte d'entrée : Ableton Live Lite, une version allégée de Live. Ableton précise qu'elle n'est pas vendue seule et qu'elle accompagne certains appareils, dont le numéro de série arrive à l'enregistrement du produit. Le KeyStep mk2 cité plus haut, par exemple, l'inclut dans son lot de logiciels.

Le principe reste celui des versions complètes : piste MIDI, instrument, grille de notes. Ce que vous apprenez dans l'une se retrouve dans les autres. Pour choisir ensuite une version complète, lisez notre article FL Studio, Ableton ou Logic Pro : lequel choisir.

Brancher, jouer, corriger : les cinq étapes d'un premier morceau

  1. Brancher le clavier. Un clavier maître à prise USB se relie directement à l'ordinateur ; un modèle qui n'a que des prises MIDI DIN passe par une interface MIDI. Vérifiez dans les préférences du logiciel que l'entrée MIDI est bien active.
  2. Créer une piste MIDI et lui donner un son. On y charge un instrument virtuel : piano, basse, batterie. Pour aller plus loin que les sons fournis, notre sélection de VST instruments gratuits et payants donne des pistes.
  3. Enregistrer ou dessiner. Avec le métronome, on joue la partie au clavier. Sans clavier, on dessine les notes : dans Ableton Live, le mode Dessin s'active avec la touche B, puis on clique dans la grille.
  4. Corriger. Hauteur, durée, place, force de chaque note : tout se reprend dans l'éditeur, détaillé plus bas.
  5. Arranger. On copie le passage, on le décale, on confie le refrain à un autre instrument sans rejouer une note.

Le piano roll, l'éditeur MIDI où tout se corrige

Le piano roll est la grille où s'affichent les notes MIDI : chaque note est un rectangle, sa hauteur se lit sur un clavier vertical, son moment et sa durée sur l'axe horizontal. Le manuel de FL Studio, chez Image-Line, le résume ainsi : la hauteur sur l'axe vertical, le temps sur l'axe horizontal. Le nom change selon le logiciel. Apple dit « Piano Roll », Ableton parle d'éditeur de notes MIDI.

Sous la grille se trouve en général l'éditeur de vélocité, c'est-à-dire la force avec laquelle la note est frappée. Dans Live, selon le manuel d'Ableton, on la règle en tirant un marqueur vers le haut ou le bas, et la couleur de la note pâlit quand elle est jouée doucement. C'est souvent là qu'une partie dessinée à la souris reprend vie : toutes les notes à la même force sonnent comme une machine à écrire.

Learn Live 12: Editing MIDI Notes

Quantification : caler les notes sans perdre le groove

La quantification aligne les notes sur une grille rythmique choisie (la croche, la double croche…). Elle rattrape une note jouée un peu tôt. Appliquée à fond, elle aligne aussi tout ce qui faisait respirer la partie. Les logiciels l'ont prévu : dans Live, le réglage Amount ne déplace les notes qu'une partie du chemin vers la grille ; dans Logic Pro, Apple propose dans l'inspecteur de région des paramètres de quantification avancés, dont Q-Swing et Q-Force, pour ajouter du swing ou doser la correction.

Les limites : le son, la composition, le jeu

Le séquenceur ne fabrique pas le son. Un fichier MIDI ouvert sur un autre ordinateur sonnera avec les instruments de cet ordinateur, donc parfois très différemment. Pour envoyer un morceau à quelqu'un, il faut d'abord le convertir en fichier audio (on parle d'export ou de bounce). Il ne compose pas non plus : une mélodie banale reste banale une fois parfaitement calée.

Le séquenceur ne remplace pas davantage le jeu. Un clavier sensible à la vélocité et quelques boutons assignés donnent plus d'expression qu'une souris. Pour cela, lisez comment utiliser un contrôleur MIDI dans vos productions.

Pour essayer, prenez une mélodie que vous chantez sans y penser, une comptine par exemple, et reconstruisez-la note par note dans le piano roll. Écoutez-la jouée par un piano, puis par une basse, puis par des cordes : les instructions n'ont pas changé, la chanson si. Puis lancez votre premier projet dans un vrai coin de travail, avec notre guide pour créer un home studio avec un budget limité.

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