Comment lire une partition de batterie ?

Batteur au casque qui joue sur une batterie blanche, un ordinateur portable ouvert devant lui

Pour lire une partition de batterie, on apprend d'abord où se trouve chaque élément du kit sur la portée, puis la durée des figures de rythme. La grosse caisse s'écrit en bas, la caisse claire au milieu, les cymbales en haut avec une tête en forme de croix ; la position dit quoi frapper, la figure dit quand. Silences, reprises et accents viennent ensuite, une notion à la fois, au métronome.

La clé de percussion, ou clé neutre, en tête de portée

La batterie s'écrit sur la même portée de cinq lignes que les autres instruments. Au début, à la place de la clé de sol ou de fa, on trouve la clé de percussion, aussi appelée clé neutre : deux petits traits verticaux parallèles. Les lignes ne désignent plus des hauteurs de notes, mais des instruments. Elle a remplacé la clé de fa, longtemps utilisée pour les percussions.

Juste après la clé vient la mesure, par exemple 4/4 : quatre temps par mesure, la noire valant un temps. Les barres verticales découpent la partition en mesures, et c'est dans ce cadre que tout se compte.

Où se placent grosse caisse, caisse claire et cymbales sur la portée ?

De nombreuses méthodes suivent les recommandations de la Percussive Arts Society réunies par Norman Weinberg dans son Guide to Standardized Drumset Notation. Elles répartissent les éléments ainsi, en comptant les lignes et les interlignes à partir du bas.

ÉlémentPlace sur la portéeTête de note
Charleston au piedsous la portéecroix
Grosse caisse1er interligneronde pleine
Tom basse2e interligneronde pleine
Caisse claire3e interligneronde pleine
Tom médium4e ligneronde pleine
Tom aigu4e interligneronde pleine
Ride5e lignecroix
Charleston aux baguettesau-dessus de la portéecroix
Crashligne supplémentaire au-dessuscroix ou losange

Attention : cette notation n'est pas universelle. Certaines méthodes posent la grosse caisse sur la première ligne, d'autres mettent le charleston sur la ligne du haut ou la crash au-dessus de la ride. Avant de jouer la première mesure, lisez la légende placée au début du recueil ou de la partition. Une partition sans légende se déchiffre en écoutant l'enregistrement.

Un second repère aide beaucoup : les hampes. Selon le manuel du logiciel de notation MuseScore, les notes jouées avec les mains ont en général la hampe vers le haut, et celles jouées avec les pieds la hampe vers le bas. Une partition de rock basique se lit donc sur deux étages : en haut le charleston et la caisse claire, en bas la grosse caisse.

Partition sur un pupitre éclairé, à côté des cymbales d'une batterie, sur scène
La partition sur le pupitre, à hauteur des yeux : on lit sans baisser la tête au-dessus des fûts.

Les figures de rythme et les silences : quand frapper

En 4/4, la ronde dure quatre temps, la blanche deux, la noire un temps, la croche un demi-temps et la double croche un quart de temps. Les croches voisines sont reliées par une barre, les doubles croches par deux.

À la batterie, une note ne « tient » presque jamais : un coup de caisse claire s'éteint de lui-même. La durée de la figure sert donc surtout à placer le coup suivant. Chaque figure a son silence de même durée : la pause (quatre temps), la demi-pause, le soupir, le demi-soupir, le quart de soupir. Un silence se compte comme une note.

Viennent ensuite les signes qui modifient le coup. L'accent, un petit chevron au-dessus de la note, demande une frappe plus forte. Une note entre parenthèses est souvent une ghost note, un coup très léger de caisse claire qu'on sent plus qu'on ne l'entend.

Barres de reprise et mesures répétées : lire une partition entière

Une partition de batterie complète tient souvent sur une ou deux pages grâce aux signes de répétition. Les barres de reprise (une double barre avec deux points) encadrent un passage à jouer deux fois. Des cases numérotées « 1. » et « 2. » indiquent une fin différente au premier et au second passage. Le signe de répétition de mesure, une barre oblique entre deux points, demande de rejouer la mesure précédente à l'identique : pratique, à condition de compter combien de fois on l'a jouée.

Partition ou tablature de batterie : quelle différence ?

La tablature de batterie, très répandue sur Internet, n'utilise pas de portée. Chaque élément a sa ligne, nommée par une abréviation anglaise (HH pour le charleston, SN pour la caisse claire, BD pour la grosse caisse), et chaque coup y est marqué d'un « x » pour une cymbale ou d'un « o » pour un fût, sur une suite de tirets. Le rythme n'est donné que par l'espacement horizontal.

Pratique pour noter un groove simple, elle ne montre ni la durée exacte, ni les silences, et elle devient vite illisible dès qu'un rythme sort de la grille régulière. Pour lire une tablature de batterie, il suffit de savoir compter ; pour lire une partition, il faut le solfège rythmique, et c'est lui qui ouvre les méthodes, les cours et le travail en groupe.

Quelle progression pour apprendre à lire la batterie ?

La lecture s'apprend mieux par paliers courts, chacun travaillé au métronome lent avant d'accélérer :

  1. Lire des noires et des silences sur une seule ligne, à la caisse claire ou sur un pad, en comptant à voix haute « 1, 2, 3, 4 ».
  2. Ajouter les croches, puis les doubles croches, toujours sur une ligne.
  3. Passer à deux étages : grosse caisse en bas, caisse claire en haut, sur des rythmes simples.
  4. Ajouter le charleston en croches par-dessus : c'est le premier vrai rythme de batterie lu sur la portée.
  5. Déchiffrer une partition entière, avec reprises, en suivant l'enregistrement du morceau.

Côté livres, les méthodes françaises de solfège rythmique du batteur et pédagogue Dante Agostini, en plusieurs volumes, sont consacrées à cette lecture. Le recueil américain Progressive Steps to Syncopation for the Modern Drummer de Ted Reed commence lui aussi par des exercices de lecture avant d'aborder la syncope.

Ces lignes se lisent très bien sur un pad d'entraînement, posé sur une table devant le pupitre : on lit à voix haute, on frappe, et la main n'a pas à chercher un fût. Le métronome reste branché du début à la fin ; si vous ne savez pas encore lequel prendre, voici pourquoi utiliser un métronome et comment le choisir.

Lire et jouer avancent ensemble. Les exercices de batterie pour débutant, du pad au premier rythme donnent les gestes de base à travailler en parallèle. Quand les deux étages de la portée deviennent familiers, les rythmes de batterie essentiels du rock offrent les premières partitions à déchiffrer pour de bon : posez la légende à côté, et lisez-les mesure par mesure.

À lire aussi

Liens affiliés : si vous commandez par ces liens, Musique Instrument peut percevoir une commission, sans surcoût pour vous.