Pourquoi utiliser un métronome, et lequel choisir ?

Métronome mécanique en bois posé sur le clavier d'un piano, devant une partition ouverte

Un tic, un tac, et soudain on entend ce qu'on ne voulait pas entendre : la croche qui arrive trop tôt, le passage facile qui s'emballe, le passage difficile qui traîne. Utiliser un métronome sert d'abord à cela : il donne un tempo fixe, mesuré en battements par minute, et il montre sans détour les endroits où votre jeu accélère ou ralentit. Il permet ensuite de travailler un passage lentement puis de remonter la vitesse par paliers, et de connaître l'allure qu'un compositeur a fixée pour sa pièce. Reste à le supporter, ce qui ne va pas de soi, et à choisir le bon modèle.

Qu'est-ce qu'un métronome et à quoi sert-il ?

Le métronome est l'instrument qui donne le tempo : il bat la mesure à une vitesse réglable, exprimée en battements par minute (BPM). À 60, il frappe une fois par seconde ; à 120, deux fois. Sur un modèle mécanique, un balancier va et vient, et l'on règle la vitesse en faisant glisser un petit poids le long de la tige : plus il monte, plus le battement ralentit. Les modèles électroniques et les applications font la même chose avec un bip, une diode ou une vibration.

L'objet a plus de deux siècles. Selon un article de la Revue d'histoire du XIXe siècle, Johann Nepomuk Maelzel obtient à Paris le brevet du métronome en 1815, en s'appropriant la découverte de Dietrich Nikolaus Winkel, qui en réclamera la priorité en 1818. L'historienne Aurélie Barbuscia y décrit les deux fonctions de l'appareil dès son apparition : servir de référence de tempo pour indiquer la vitesse d'exécution d'un morceau, et aider le musicien à gagner en précision rythmique par un apprentissage progressif. Les lettres « M. M. » suivies d'un chiffre, en tête de certaines partitions, signifient d'ailleurs « Métronome de Maelzel ».

Pourquoi utiliser un métronome quand on travaille son instrument ?

La première raison tient à l'écoute. Seul avec son instrument, on ne s'entend pas presser : l'attention va aux doigts, aux notes, à la partition. Le clic, lui, ne bouge pas, et l'écart entre votre jeu et lui devient audible. Il révèle aussi les fins de phrase avalées et les silences raccourcis, qu'on ne remarque pas sans lui.

La deuxième raison, c'est la lenteur choisie. Un passage qui accroche à vitesse réelle se travaille plus bas, au tempo où il sort propre, puis on remonte. Sans repère, « un peu plus vite » ne veut rien dire ; avec un métronome, c'est quatre battements de plus que la veille, et vous savez où vous en êtes. Voici une manière simple de s'y prendre, à adapter à votre instrument :

  1. Cherchez le tempo où le passage sort sans faute plusieurs fois de suite, même s'il paraît très lent.
  2. Montez de quelques BPM seulement, et ne changez de palier que lorsque le précédent est propre.
  3. Au premier accroc, redescendez d'un cran au lieu de forcer.
  4. Notez chaque jour le tempo atteint : ce carnet vaut mieux que l'impression d'avoir progressé.
  5. Une fois le tempo visé atteint, rejouez le passage sans le clic et vérifiez que la régularité tient.

La troisième raison concerne le jeu à plusieurs. En groupe, le tempo se négocie entre musiciens, et celui qui a travaillé au clic sert de point d'appui aux autres. En studio, un morceau peut s'enregistrer sur une piste de clic entendue au casque. Pour un batteur, c'est même la matière première des exercices de batterie pour débutant.

Petit métronome électronique posé à côté d'une partition ouverte, son écran allumé
Le métronome électronique affiche le tempo en chiffres et marque chaque battement d'un voyant.

Pourquoi certains musiciens détestent-ils jouer au clic ?

Le reproche est ancien. L'article de la Revue d'histoire du XIXe siècle cite une phrase que le biographe Anton Schindler prête à Beethoven : « Pas de métronome ! Celui qui a un sentiment juste n'en a pas besoin. » La suite de la phrase est plus dure encore : à celui qui manque de ce sentiment, le métronome « ne sera d'aucune utilité ». Le même Beethoven avait pourtant fait paraître en décembre 1817 une table d'indications métronomiques pour ses huit symphonies. Beethoven ne refuse pas l'appareil comme repère pour le compositeur ; il doute qu'il apprenne le tempo à qui ne le sent pas.

Les griefs d'aujourd'hui ressemblent à celui-là. La musique respire, et un rubato (ce léger étirement du temps qui donne de l'expression à une phrase) n'a pas sa place face à un battement fixe. À force de suivre un repère extérieur, on peut perdre confiance dans sa propre pulsation intérieure. Et le souci de coller au clic peut faire oublier les nuances.

Ces critiques visent surtout un usage figé. Le métronome est un outil de travail, pas un chef d'orchestre pour le concert. Placez le clic sur les temps 2 et 4 seulement, là où le charleston marque les temps faibles en jazz et où tombe la caisse claire en rock : c'est vous qui portez les temps 1 et 3. Réglez-le à la moitié du tempo pour n'entendre qu'un battement sur deux. Certaines applications coupent aussi le son pendant une ou plusieurs mesures, pour vérifier si vous êtes encore calé quand il revient. Et gardez des séances sans clic du tout, consacrées à l'interprétation.

Comment choisir un métronome selon votre pratique ?

Tout dépend du volume de votre instrument, du lieu où vous travaillez et de ce que vous attendez du clic : un battement qui suffit au piano se perd sous une batterie.

TypePour quiAtoutsLimites
Mécanique à balancierPiano, chant, travail à la maisonOn voit le battement, aucune pile, son boiséDoit être posé à plat et remonté, peu de réglages
Électronique de pocheTous instruments, cours, répétitionPrécis, subdivisions, petit formatSon synthétique, parfois faible
Accordeur-métronomeInstruments à accorder, élèvesDeux outils dans un seul boîtierFonctions rythmiques plus simples
Métronome de batteurBatterie, travail du grooveMotifs rythmiques, tempos en mémoire, volumePlus encombrant, plus coûteux
ApplicationDébutant, dépannageSouvent gratuite, très réglableHaut-parleur du téléphone vite couvert, notifications

Au piano, le métronome mécanique a un avantage : le mouvement du balancier se suit du coin de l'œil, et il aide à corriger l'une des erreurs courantes des pianistes débutants, celle de lâcher la pulsation en lisant la partition. Le choix se fait ensuite sur le format. Le Wittner 816 est une pyramide en bois à la finition noire brillante, selon la fiche du marchand, faite pour rester sur le piano. Le Taktell Piccolo de la même marque, plus compact, s'emporte en cours. Le Cherub WSM-330 repose sur un mécanisme pendulaire au son mécanique traditionnel, toujours selon sa fiche.

Dès qu'il faut du volume, des subdivisions ou des rythmes plus riches qu'un battement, l'électronique prend le relais. Le Dr. Beat DB-90 de Boss propose des dizaines de motifs rythmiques avec des sons PCM, selon la fiche du marchand. Le Tama RW200 s'adresse d'abord aux batteurs, avec un grand écran et une mémoire étendue selon sa fiche ; il complète bien la liste des accessoires indispensables pour tout batteur. Le Korg TM-70C réunit accordeur et métronome, avec une fonction de transposition utile aux instruments transpositeurs. Le Cherub WSM-289, rechargeable, couvre de 40 à 208 battements par minute et signale le temps par deux diodes, selon la fiche du marchand.

Par quel morceau commencer avec le clic ?

Par un morceau que vous croyez connaître par cœur. Réglez le métronome sur le tempo indiqué, ou sur celui de l'enregistrement, et jouez-le une fois en entier : les mesures où vous décrochez sont celles à remonter par paliers. Puis réécoutez la version originale en tapant du pied. Vous entendrez autrement le batteur qui pousse légèrement, le pianiste qui retient avant le refrain, et vous saurez enfin si c'était un choix ou un accident.

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