Vieux lecteur MP3 : que vaut encore celui de 2005 ?
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Un vieux lecteur MP3 de 2005 peut encore se rallumer, à une condition : laisser sa batterie reprendre doucement, avec le bon câble. Ses fichiers se récupèrent ensuite par USB, en simple copie sur les baladeurs qui se montrent comme une clé USB, avec un détour pour un iPod rempli par iTunes. Ils sonneront comme à l'époque, avec les pertes propres à un MP3 compressé.
Comment rallumer un vieux lecteur MP3 resté au tiroir ?
Un baladeur rangé des années n'est pas forcément mort. Il peut simplement être vide. Apple le dit pour ses propres appareils, iPod compris : un appareil sorti d'un long stockage peut être dans un état de batterie faible, et demander une vingtaine de minutes de charge avec l'adaptateur d'origine avant de pouvoir servir. Tant qu'il n'a pas assez de charge, il peut ne donner aucun signe de vie, sans être en panne pour autant.
Le premier obstacle peut être le câble. Les iPod de 2005 se branchaient par le connecteur Dock 30 broches d'Apple, celui que l'iPod nano partageait avec l'iPod et l'iPod mini, comme le précise le communiqué de lancement du nano. Pour les autres marques, il faut retrouver le câble du même connecteur que l'appareil, sans forcer une prise qui ne rentre pas.
- Branchez le lecteur sur un chargeur secteur ou un ordinateur allumé : un ordinateur en veille peut au contraire vider la batterie d'un iPod, prévient Apple.
- Laissez-le charger au moins vingt minutes sans y toucher.
- Allumez-le encore branché, puis débranchez pour voir s'il tient seul.
- S'il ne s'allume qu'une fois branché, la batterie est en cause, pas les fichiers.
Pourquoi la batterie ne tient-elle plus la charge ?
Quand le baladeur fonctionne avec une batterie rechargeable intégrée, comme les iPod, c'est elle qu'il faut regarder en premier. Apple décrit le mécanisme : rangée complètement vide, une batterie peut tomber en décharge profonde, un état qui la rend incapable de garder une charge. Rangée pleine pendant longtemps, elle perd aussi de sa capacité.
La bonne pratique, pour l'avenir, tient en trois consignes tirées de la même page d'Apple : stocker l'appareil chargé à environ 50 %, dans un endroit frais et sec, et le recharger à 50 % tous les six mois si le rangement dure. Un lecteur oublié vingt ans n'a pas eu droit à ce traitement. S'il refuse de garder la charge, il peut encore fonctionner branché, ce qui peut suffire à récupérer son contenu.
Comment récupérer les fichiers d'un baladeur de 2005 ?
Bien des baladeurs de l'époque se comportent, une fois branchés, comme une clé USB. L'iPod shuffle de 2005 en faisait même un argument : Apple le présentait comme un lecteur qui sert aussi de disque USB portable. Sur ces appareils, il suffit d'ouvrir le lecteur dans l'explorateur de l'ordinateur et de copier les dossiers de musique sur le disque, puis sur un second support.
Un iPod rempli par iTunes demande plus de patience. Apple explique comment activer l'utilisation comme disque sur un iPod classic, nano ou shuffle, mais la même page prévient que la musique synchronisée par iTunes n'apparaît pas dans l'explorateur. Les morceaux sont bien là ; ils ne sont simplement pas rangés à la vue. Il faut alors des outils de transfert spécialisés, ou passer par la bibliothèque iTunes d'origine si elle existe encore sur un vieil ordinateur.
Un dernier piège concerne les achats. Au printemps 2007 encore, le catalogue de l'iTunes Store était vendu en AAC à 128 kbps protégé par DRM, c'est-à-dire par un verrou numérique de gestion des droits, comme le rappelle le communiqué d'Apple du 2 avril 2007 annonçant les premiers titres sans verrou. Ces fichiers-là ne sont pas des MP3, et une simple copie ne garantit pas qu'ils se liront ailleurs. Les MP3 tirés de vos propres CD, eux, n'ont aucun verrou.
Que vaut le son d'un fichier compressé à faible débit ?
Le débit, exprimé en kilobits par seconde (kbps), indique la quantité de données utilisée pour décrire chaque seconde de musique. Plus il est bas, plus le fichier est léger, et plus l'encodeur a dû choisir ce qu'il gardait. Fraunhofer, l'institut qui a mis au point le format, résume le principe : le MP3 tire parti des limites de l'oreille humaine, en stockant avec moins de précision ce qu'elle perçoit mal. Le résultat, selon l'article publié par l'institut pour les 30 ans du format, est un fichier jusqu'à dix fois plus petit, quasiment sans différence audible avec l'original.
Le mot qui compte est « quasiment ». À faible débit, ce que la compression a retiré peut s'entendre, surtout sur un casque ou des enceintes de qualité. Apple lui-même l'a reconnu à sa manière en 2007 : en passant ses titres sans verrou à 256 kbps, l'entreprise promettait une qualité « impossible à distinguer de l'enregistrement original », ce qui laissait entendre que les 128 kbps vendus jusque-là n'en offraient pas tout à fait autant.
Convertir un fichier à 128 kbps en 320 kbps ne fait que l'alourdir : les détails écartés à l'encodage ne reviennent pas. Pour connaître le débit d'un morceau, il suffit d'afficher ses propriétés sur l'ordinateur. Si un album compte, mieux vaut le réencoder depuis le CD d'origine, s'il existe encore.
Histoire du MP3, d'Erlangen au baladeur de poche
Le MP3 est né à la fin des années 1980 à l'institut Fraunhofer IIS d'Erlangen, en s'appuyant sur des travaux de l'université d'Erlangen-Nuremberg. Son nom complet est MPEG-1 Audio Layer-3. Les trois lettres, elles, datent du 14 juillet 1995 : ce jour-là, un sondage par courriel interne à l'institut retient l'extension « .mp3 ». L'équipe visait déjà la lecture sur de petits appareils portables, une idée jugée alors irréaliste, et c'est à Erlangen qu'est conçu le premier lecteur MP3 sans pièce mobile. En 2000, trois de ses développeurs, Karlheinz Brandenburg, Bernhard Grill et Harald Popp, reçoivent le Prix allemand du futur.
La suite se joue en partie hors des laboratoires. Les fichiers circulent sur les réseaux de partage, une histoire racontée dans notre article sur eMule, LimeWire et l'âge d'or du MP3. Le 23 octobre 2001, Apple présente l'iPod, qu'elle décrit dans son communiqué comme un lecteur MP3 ultraportable. En 2005 arrivent l'iPod shuffle, en janvier, puis l'iPod nano, en septembre. Fraunhofer note que l'iPod et l'iTunes Music Store ont aussi fait connaître l'AAC, le successeur du MP3.
Le 23 avril 2017, le programme de licences MP3 géré par Technicolor et Fraunhofer prend fin : le format devient libre d'usage. L'institut précise qu'il existe aujourd'hui des codecs plus efficaces, mais que le MP3 reste très répandu. Cinq ans plus tard, le 10 mai 2022, Apple annonce que l'iPod touch ne sera plus vendu que dans la limite des stocks.
Fraunhofer a mis en ligne l'enregistrement d'une table ronde, tenue à l'institut en décembre 2024, où les ingénieurs du MP3 racontent cette histoire.

Son premier lecteur MP3 : le garder, le vendre ou le ranger ?
Une fois la musique copiée, l'appareil peut retourner au tiroir sans risque pour elle. Certains modèles intéressent des collectionneurs ; la question de leur cote est traitée à part, dans notre article sur les petits lecteurs MP3 des années 2000 qui valent cher. S'il doit rester rangé, les consignes de stockage données plus haut s'appliquent.
Le plus précieux reste ce que vous y aviez mis vous-même : l'ordre d'une liste de lecture, un album gardé en entier, un titre mal nommé recopié d'un ami. Et si ces fichiers à 128 kbps vous paraissent soudain un peu ternes, ce n'est pas votre mémoire qui flanche.
Réécoutez ces morceaux sur le baladeur d'origine, puis sur une bonne paire d'écouteurs : vous entendrez ce que le débit de l'époque laissait de côté. Pour prolonger ce voyage vers les supports d'avant, lisez pourquoi la cassette audio fait encore vibrer les collectionneurs.


