Quelles pédales d'effet sont indispensables pour le blues ?
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Deux pédales suffisent pour jouer le blues : une overdrive légère et une réverbération. Le reste, wah-wah, delay, trémolo, vient ensuite, selon votre façon de jouer et la musique que vous aimez. Encore faut-il les régler sans perdre le toucher de vos doigts, et les placer au bon endroit du pédalier.
Quelle pédale d'effet guitare est vraiment indispensable pour le blues ?
L'overdrive, d'abord. Le grain du blues électrique vient d'amplis à lampes poussés au point où le signal commence à saturer : une note jouée doucement reste presque claire, la même attaquée plus fort se met à grogner. Une pédale d'overdrive reproduit ce comportement quand votre ampli ne peut pas monter aussi fort chez vous ou dans une petite salle. Elle ne remplace pas le jeu ; elle le révèle, puisque chaque nuance de la main droite s'entend.
La distorsion, elle, écrase cette dynamique : tout sort au même niveau, avec beaucoup de sustain. Elle a sa place dans un blues rock très chargé, beaucoup moins dans un shuffle ou un slow. Si vous ne devez acheter qu'une pédale, prenez une overdrive à gain modéré, plutôt qu'une distorsion que vous laisserez à un quart de sa course.
La réverbération vient en second. Un son sec, sans aucune ambiance, paraît étriqué, surtout à faible volume. Si votre ampli a déjà sa réverbération intégrée, vous pouvez vous passer de la pédale au début.
Overdrive pour le blues : Tube Screamer, Blues Driver ou Bluesbreaker ?
Trois familles d'overdrive reviennent chez les guitaristes de blues, et elles ne poussent pas le son de la même façon.
La Tube Screamer d'Ibanez est sortie en 1979 sous le nom de TS808, puis remplacée en 1982 par la TS9. Elle met en avant les médiums et resserre les basses : la guitare passe devant le reste du groupe, et la pédale sert souvent à pousser un ampli déjà un peu saturé plutôt qu'à saturer seule. C'est le grain chantant qu'on associe au blues texan.
La Blues Driver de Boss, lancée en 1995 selon la marque elle-même, réagit fortement à l'attaque et garde un son net à tout volume. Elle fonctionne bien seule, devant un ampli réglé en son clair.
La troisième famille regroupe les overdrives transparentes, dans l'esprit de la Bluesbreaker de Marshall : peu de coloration, une compression douce, le son de la guitare et de l'ampli reste reconnaissable. C'est la plus discrète des trois, et souvent la plus facile à vivre avec une guitare à micros simples.





La Blues Disorder de Keeley et la Blues Driver en version Waza Craft reprennent des circuits connus avec des composants choisis, selon la fiche du marchand. La TS9, plus brillante que la TS808, suffit pour découvrir le caractère Tube Screamer.
Comment régler une overdrive pour garder le toucher ?
L'erreur habituelle consiste à monter le gain jusqu'à ce que « ça sonne ». Le son impressionne seul dans la chambre, puis disparaît dès qu'une basse et une batterie arrivent. Partez à l'inverse : gain bas, volume de la pédale au-dessus de l'unité, ton au milieu. Jouez doucement, puis fort. Si la différence entre les deux s'entend nettement, le réglage est bon ; si tout sature pareil, baissez le gain.
Le bouton de volume de la guitare devient alors votre deuxième pédale. Baissé aux deux tiers, il nettoie le son pour la rythmique ; remonté à fond, il rend le grain pour le solo. On peut tenir toute une chanson sans toucher le pédalier, rien qu'avec ce bouton et l'attaque.
Réglage de l'ampli pour un son blues
Avant d'acheter une pédale, réglez l'ampli. Une overdrive ne corrige pas un son clair trop aigu ou trop creux : elle l'amplifie. Cherchez un son clair rond, aigus modérés, médiums présents (ce sont eux qui portent la guitare dans un groupe), basses raisonnables pour ne pas boucher le grave quand le gain arrive. Sur un ampli à lampes, montez le volume général aussi haut que le lieu le permet : la lampe de puissance qui commence à travailler donne une compression qu'aucune pédale n'imite tout à fait.
La guitare compte autant. Des micros simples, comme ceux d'une Stratocaster, donnent un son plus fin et plus claquant ; des humbuckers, comme ceux d'une Les Paul, un son plus épais qui sature plus tôt. Les deux jouent le blues, mais la même pédale ne sonnera pas pareil sur l'une et l'autre. Pour choisir ou régler votre ampli plus en détail, notre guide pour choisir un ampli de guitare électrique reprend les puissances, les lampes et les haut-parleurs.

Wah-wah, réverbération, delay : les effets qui enrichissent le blues
La wah-wah est un filtre que l'on balaie au pied : talon baissé, le son est sombre ; pointe enfoncée, il devient aigu et nasal. La première pédale du genre, vendue par Vox en 1967, portait le nom du trompettiste Clyde McCoy, qui obtenait ce « wah » en jouant avec des sourdines devant le pavillon de sa trompette. Dans le blues, on l'utilise par touches, pour faire parler une note tenue, ou à moitié ouverte et immobile pour donner un son plus vocal. Le modèle Cry Baby Clyde McCoy de Dunlop reprend l'esprit des premières wah.
La réverbération simule l'écho d'une pièce. Celle du blues est souvent la réverbération à ressorts : Fender l'a proposée en boîtier séparé à partir de 1961, puis l'a intégrée à ses combos à partir de 1963. Réglez-la juste assez pour qu'on la remarque quand on la coupe.
Le delay répète la note jouée. Pour le blues, un seul écho court, assez bas, qu'on appelle slapback, épaissit le son sans brouiller les phrases. Les delays qui imitent l'écho à bande, plus sombres et un peu instables, se fondent mieux qu'un écho numérique trop net.


L'El Capistan de Strymon s'inspire, selon la fiche du marchand, des échos à bande des années 60 et 70 ; la True Spring Reverb de Source Audio vise le son des réverbérations à ressorts des combos d'époque. Le trémolo, qui fait varier le volume à intervalles réguliers, complète la liste pour le blues lent et le swamp blues ; certains amplis l'intègrent déjà.
Le chorus reste en revanche marginal dans le blues traditionnel. Le compresseur peut aider les guitaristes qui jouent aux doigts à égaliser leur attaque, mais il gomme aussi les nuances que l'overdrive mettait en valeur : à tester avant d'acheter.
Dans quel ordre brancher un pedalboard blues ?
Un pédalier de blues reste court. L'ordre le plus courant, de la guitare vers l'ampli :
- accordeur, pour couper le son pendant l'accordage ;
- wah-wah, avant la saturation, pour que le filtre travaille sur le signal propre ;
- compresseur, si vous en utilisez un ;
- overdrive (la plus légère en premier si vous en avez deux) ;
- trémolo ;
- delay, puis réverbération en bout de chaîne.
Rien n'est interdit : une wah placée après l'overdrive sonne plus agressive, et certains préfèrent ce caractère. Mais si le son devient confus, revenez à cet ordre. Brancher l'ampli en son clair et ajouter les pédales une à une permet d'entendre ce que chacune change vraiment.
Quelles pédales choisir selon votre jeu ?
| Votre jeu | Pédales à prévoir | Ce qu'on peut laisser de côté |
|---|---|---|
| Blues de Chicago, shuffle, son clair poussé | Overdrive transparente, réverbération à ressorts | Distorsion, chorus |
| Blues texan, solos chantants | Overdrive à médiums marqués, wah-wah, réverbération | Trémolo |
| Blues rock | Deux overdrives empilées, delay à bande, wah-wah | Compresseur |
| Slide et blues lent | Overdrive légère, trémolo, réverbération | Wah-wah |
Le jeu au bottleneck demande surtout de la longueur de note, qu'une overdrive légère apporte sans masquer les frottements du tube sur les cordes. Si vous débutez dans cette technique, notre article sur la guitare slide et le matériel à choisir détaille les tubes, les cordes et l'accordage.
Pour savoir quelle overdrive chercher, réécoutez un vieux disque de blues en guettant ce qui se passe quand le guitariste attaque plus fort : vous entendrez où commence la saturation. Et si la grille vous intéresse autant que le son, la page sur la grille et la gamme du blues au piano en explique la mécanique, valable aussi à la guitare.


