Instruments de percussion à main : six curiosités du monde

Tongue drum en acier patiné aux languettes découpées, posé dans l'herbe

Une jarre d'eau percée, une caisse de bois, deux coques d'acier assemblées : les instruments de percussion à main les plus insolites sont souvent nés d'objets ordinaires. En voici six, joués de la paume ou du bout des doigts : le Hang suisse et le tongue drum qu'on confond avec lui, le ghatam indien, l'udu nigérian, le cajón péruvien, puis le waterphone américain, l'intrus de la liste.

Le Hang, l'instrument suisse né à Berne

Sa silhouette de soucoupe volante l'a rendu célèbre. Le Hang a été mis au point par l'atelier bernois PANArt de Felix Rohner et Sabina Schärer, fabricants de steelpans. En dialecte bernois, Hang signifie « main », rappelle swissinfo.

Le fabricant présente lui-même son instrument :

PANArt, Hang® (PANArt Hangbau AG)

En mai 2001, le même média suisse racontait déjà son succès : 150 exemplaires vendus 490 francs en trois mois. Le nom appartenant à PANArt, les autres fabricants parlent de handpan.

Handpan ou tongue drum : comment les distinguer ?

Le handpan, comme le Hang, est fait de deux demi-sphères d'acier assemblées : les notes sont martelées sur celle du dessus, autour d'une note centrale bombée, et celle du dessous est percée d'une ouverture. Ses notes résonnent longtemps. Le tongue drum est une cuve d'acier dont le dessus est découpé en languettes de tailles différentes : chaque languette donne une note. Il se joue aux doigts ou avec de petites mailloches, et ses notes sont plus sèches et plus courtes. Si vous en cherchez un d'occasion, lisez d'abord nos conseils pour acheter un instrument d'occasion en ligne.

Le ghatam, une percussion à main en terre cuite venue d'Inde

Dans son article de 2001, swissinfo raconte qu'un musicien est arrivé chez PANArt avec un ghatam, et a suggéré un instrument d'acier qui se jouerait à la main. Le ghatam est une jarre de terre cuite à col étroit, sans peau tendue. La main frappe directement la paroi, et le son, presque métallique, change selon la taille du pot. Dans la musique carnatique, celle du sud de l'Inde, le musicien presse l'ouverture contre son ventre pour moduler la résonance.

Son grand ambassadeur s'appelle Vikku Vinayakram. Il l'a joué dans les années 1970 au sein de Shakti, le groupe du guitariste John McLaughlin, qu'il a retrouvé sur scène en 2023. On l'entend aussi sur Planet Drum de Mickey Hart, meilleur album de musique du monde aux Grammy Awards de 1992.

L'udu, le pot nigérian qui sonne comme une goutte d'eau

Autre jarre, autre continent. L'udu vient du peuple igbo, dans l'est du Nigeria, et ce sont des femmes qui l'ont créé, et elles en jouent surtout lors des cérémonies, souligne le Spencer Museum of Art de l'université du Kansas. Sa particularité est un trou sur le flanc, que les acousticiens de l'université Brigham Young comparent au trou latéral des jarres à eau traditionnelles. Une paume qui frappe cette ouverture fait vibrer l'air du pot et sort une basse ronde, un « bloup » liquide ; les doigts tapotent le ventre pour les sons aigus.

Le cajón péruvien, une caisse sur laquelle on s'assoit

Le cajón est une boîte en bois : le percussionniste s'assoit dessus et frappe la face avant : grave au centre, claquée près du bord. Le récit officiel du Pérou, sur son site de promotion, le fait naître au XVIe siècle chez les esclaves africains de Lima, privés de leurs tambours ; il est aujourd'hui patrimoine culturel de la nation. Vers 1977, il passe entre les mains de Rubem Dantas, percussionniste de Paco de Lucía, et le flamenco l'adopte.

Le waterphone, l'instrument bizarre des bandes-son de cinéma

C'est le seul de la liste qui ne soit pas vraiment une percussion à main. Le waterphone, breveté en 1975 par l'Américain Richard Waters, est une cuve d'acier contenant un peu d'eau, hérissée de tiges métalliques. On frotte ces tiges avec un archet, ou on tapote la cuve. Frotté ou frappé, il se range mal dans les trois familles d'instruments. Ses gémissements ont servi à Poltergeist et à Matrix, rappelle Oxford University Press.

Ces instruments se commandent aujourd'hui en ligne et s'invitent dans des morceaux qui n'ont rien de traditionnel. Le contexte, lui, ne s'expédie pas : un udu reste un objet de cérémonie igbo avant d'être un effet sonore. La prochaine fois qu'un « bloup » grave passe dans un morceau, cherchez la paume derrière le son, puis réécoutez le plus célèbre des tambours joués à mains nues avec l'histoire du djembé.

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