Instrument égyptien : ce que jouait l'Égypte des pharaons
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Un instrument égyptien de l'Antiquité, c'est d'abord le sistre, un hochet sacré qu'on secouait dans les temples, puis la harpe, les claquoirs en ivoire, le luth à long manche et la trompette. Des originaux existent encore, datés et conservés. Le plus ancien de ceux cités ici, un sistre au nom du roi Téti, a plus de 4 300 ans.
Les Égyptiens ont-ils inventé la techno ? Aucune source sérieuse ne le dit.
Quels instruments jouait-on dans l'Égypte antique ?
Le tableau range quelques pièces conservées selon les trois familles d'instruments ; les vents arrivent plus bas, avec les trompettes de Toutânkhamon.
| Instrument | Famille | Pièce conservée |
|---|---|---|
| Sistre | Percussion secouée | Sistre au nom de Téti, Metropolitan Museum, vers 2323-2291 av. J.-C. |
| Claquoirs | Percussion entrechoquée | Paire en ivoire d'hippopotame, Metropolitan Museum, vers 1900-1640 av. J.-C. |
| Harpe | Cordes pincées | Harpe en bois, Metropolitan Museum, vers 1640-1450 av. J.-C. |
| Luth | Cordes pincées | Fragment de luth, Metropolitan Museum, vers 1550-1300 av. J.-C. |
Le sistre, l'instrument égyptien qu'on secouait pour Hathor
Le sistre de Téti est taillé dans le travertin, dit albâtre égyptien. Son manche figure une tige de papyrus coiffée d'un petit sanctuaire, et une inscription dit le roi « aimé d'Hathor, dame de Dendara ». Selon le Met, on le secouait en rythme pour marquer le temps des cérémonies ; son bruissement rappelait le rite du « secouement du papyrus », censé apaiser les divinités dangereuses, Hathor la première. C'est l'un des plus anciens exemples connus d'un modèle resté en usage jusqu'à l'époque romaine.
Qui le tenait ? Au Nouvel Empire, reines et princesses apparaissent sur les murs des temples en train de le secouer, note le Met à propos d'un ostracon où une reine porte un sistre. Le musée conserve aussi un sistre en alliage de cuivre (entre 1200 et 600 av. J.-C. environ) qui porte le nom d'une musicienne, Tapenou, chanteuse du dieu Sobek.
Quelles percussions égyptiennes, des claquoirs à la darbouka ?
Après le sistre viennent les claquoirs, deux pièces que l'on frappait l'une contre l'autre. Outre la paire du tableau, le Met en conserve une autre de l'époque amarnienne, vers 1347-1330 av. J.-C., elle aussi en ivoire d'hippopotame.
La percussion égyptienne d'aujourd'hui a d'autres visages. La darbouka, tambour en forme de gobelet à une seule peau, en terre ou en bois, se frappe à mains nues ; Britannica la décrit comme très jouée en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Pour d'autres tambours à main venus d'ailleurs, voyez nos six percussions à main insolites.

Existe-t-il une guitare égyptienne ?
Pas au sens où nous l'entendons. L'ancêtre le plus proche par la forme est le luth à long manche, dont un fragment figure dans le tableau. Le musée expose aussi une harpe arquée, dite harpe d'épaule, de la fin de la XVIIIe dynastie. Quant à l'instrument à cordes qu'on associe aujourd'hui à la musique égyptienne, c'est le oud, luth du monde arabe à la caisse bombée, un tout autre instrument.
Les trompettes de Toutânkhamon, un son vieux de plus de 3 000 ans
Les instruments égyptiens antiques les plus célèbres à avoir de nouveau sonné sont deux trompettes, l'une en argent, l'autre en bronze ou en cuivre, trouvées dans la tombe de Toutânkhamon par l'équipe d'Howard Carter. Selon CNN, la BBC les a fait sonner en direct du Musée égyptien du Caire un soir d'avril 1939, devant quelque 150 millions d'auditeurs estimés. James Tappern, musicien de l'armée britannique, en jouait avec une embouchure moderne ; pendant les répétitions, la trompette d'argent ainsi équipée s'est brisée, avant d'être réparée pour l'émission. Leur son d'origine reste donc inconnu : le seul enregistrement date de 1939. Les deux pièces sont aujourd'hui au Grand Musée égyptien ; l'art égyptien montre la trompette dans des usages militaires, religieux et cérémoniels.
Après ce tour des musées, réécoutez le oud autrement, avec ce que cache vraiment le son du oud.


