Guitare gipsy : le son des Gipsy Kings expliqué

Mains d'un guitariste sur une guitare à cordes nylon : la main gauche forme un accord sur le manche, la droite gratte les cordes

La guitare gipsy, telle que les Gipsy Kings l'ont fait connaître, n'est pas du flamenco pur : c'est une rumba gitane, des guitares grattées comme des percussions sous une voix qui chante en espagnol. Qui tient les guitares, en quelle langue chante Nicolas Reyes, et pourquoi on confond ce son avec le jazz manouche.

Guitare gipsy : une rumba plus qu'un flamenco

Le site officiel du groupe présente leur premier album comme l'arrivée de la rumba gitano : le rythme de la rumba marié à l'attaque rapide des guitares flamencas. NPR, qui consacrait en mai 2026 un épisode de son émission Alt.Latino au groupe, parle de rumba flamenca catalane et insiste sur la main droite : un grattage percussif, compté autrement que les bulerías du flamenco, qui fait danser même ceux qui ne savent pas danser le flamenco.

Le flamenco est longtemps resté une musique de connaisseurs, rappelle NPR ; la rumba des Gipsy Kings s'écoute en tapant du pied dès la première mesure. Les puristes l'ont reproché au groupe, ajoute l'animateur, et le groupe n'a jamais prétendu jouer la tradition à l'identique.

Qui joue quoi chez les Gipsy Kings ?

Le groupe est une affaire de familles. Son site raconte que les gitans dont il descend avaient fui la Catalogne pendant la guerre civile espagnole. José Reyes, le père de Nicolas, formait un duo de flamenco avec Manitas de Plata, puis monta son propre groupe avec ses fils, Los Reyes. À sa mort, en 1979, Nicolas Reyes et Tonino Baliardo se mettent à jouer ensemble à Arles, puis se produisent partout en France, des rues de Cannes aux mariages. « Los Reyes », traduit, devient les Gipsy Kings.

Sur le site du groupe, les rôles sont clairs : Tonino Baliardo à la guitare solo, celle qui brode les mélodies, et Nicolas Reyes au chant.

En quelle langue chantent les Gipsy Kings ?

En espagnol. Le groupe vit dans le sud de la France, et son site le présente comme le groupe français au plus grand succès de tous les temps, mais ses chansons sont chantées en espagnol. Le refrain de « Bamboléo » le montre : « Bamboleo, bambolea », puis « Porque mi vida, yo la prefiero vivir así » : ma vie, je préfère la vivre ainsi.

Même les reprises passent par l'espagnol : « My Way », popularisé par Frank Sinatra, devient chez eux « A mi manera », relève NPR. Le même animateur se souvient de fans qui ne parlaient pas un mot d'espagnol et se sont pris de passion pour cette musique.

Bamboléo, 1987 : le morceau qui a tout lancé

Leur premier album, « Gipsy Kings », sort en 1987. D'après leur site officiel, il reste quarante semaines dans le classement des albums aux États-Unis, et « Bamboléo » devient un succès mondial ; « Volare » suit en 1989. En 2013, à la sortie de l'album « Savor Flamenco », vingt-cinq ans après le premier, le groupe revendiquait près de vingt millions d'albums vendus.

Gipsy Kings - Bamboléo (Official Video)

Le clip donne à entendre ce qu'est la guitare gipsy : un grattage serré qui ne lâche jamais le tempo, une guitare solo qui passe par-dessus. En mai 2026, NPR annonçait un nouvel album, « Historia », dont le single du même nom cite justement « Djobi Djoba » et « Bamboleo ».

Guitare gipsy ou jazz manouche : ne pas confondre

Chercher « guitare gipsy » mène souvent vers une autre musique : le jazz de Django Reinhardt, que le site des Gipsy Kings appelle lui-même le maître gitan français. Les deux viennent de traditions gitanes, mais elles ne jouent pas la même chose : l'une swingue sur des grilles de jazz, l'autre part du flamenco et des rythmes latins. Le groupe a parfois glissé une guitare qui rappelle Django, précise son site, sans quitter la rumba. Si c'est ce swing qui vous attire, le secret des grands guitaristes de jazz est un meilleur point de départ.

Réécoutez « Bamboléo » en oubliant la voix, seulement pour la main droite des guitares : c'est elle qui tient la danse. Puis voyez ce que racontent les guitares de scène de vos artistes préférés.

À lire aussi