Tous les cris les SOS : que dit la chanson de Balavoine ?
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« Tous les cris les SOS » raconte un homme qui se sent seul et lance des appels que personne ne lit : des bouteilles jetées à la mer, des messages écrits « avec l'air ». Daniel Balavoine l'a écrite, composée et chantée en 1985, sur l'album Sauver l'amour. Voici ce que disent les paroles, et comment cette face B est devenue un classique.
Que racontent les paroles de « Tous les cris les SOS » ?
Tout part d'une image : « Comme un fou va jeter à la mer / Des bouteilles vides et puis espère ». Les bouteilles sont vides. Le message n'est pas glissé dedans, il est « écrit avec l'air », et le narrateur dessine « à l'encre vide un désert ».
Le passage suivant montre l'autre face de cette solitude. « Et je cours / Je me raccroche à la vie / Je me saoule avec le bruit / Des corps qui m'entourent. » Le narrateur est entouré, il court, et personne ne saisit « la détresse / Des mots que j'envoie » : il est seul au milieu des autres.
Pourquoi est-il « difficile d'appeler au secours » ?
Le deuxième couplet élargit le cadre. « Difficile d'appeler au secours / Quand tant de drames nous oppressent. » Une détresse personnelle pèse peu face aux malheurs du monde : on n'ose plus se plaindre. Les « cris d'amour / De ceux qui sont dans la faiblesse » s'étouffent sous « les larmes nouées de stress ».
Le dernier mot du couplet est le plus dur. Ces gens-là, dit Balavoine, « dans un dernier espoir / Disparaissent ». Il n'écrit pas qu'ils se taisent ou qu'ils renoncent. Il écrit qu'ils disparaissent.
Que deviennent les SOS dans le refrain ?
Le refrain, qui donne son titre à la chanson, suit le trajet des messages. « Tous les cris les S.O.S. / Partent dans les airs », laissent dans l'eau une trace « dont les écumes font la beauté ». Puis vient l'image que l'on retient : « Pris dans leur vaisseau de verre / Les messages luttent / Mais les vagues les ramènent / En pierres d'étoile sur les rochers. »
La bouteille ne trouve pas de destinataire. La mer la rapporte et la brise sur la côte : l'appel revient en éclats à celui qui l'a lancé.
Pourquoi la chanson finit-elle sur une note d'espoir ?
Le dernier couplet change de temps et de ton. « Et j'ai ramassé les bouts de verre / J'ai recollé tous les morceaux » : les bouteilles brisées du refrain sont reprises en main, et le narrateur y voit enfin clair, « clair comme de l'eau ». Vient ensuite un constat sans illusion, « Contre le passé y a rien à faire », puis une phrase qui sonne comme un programme : « Il faudrait changer les héros / Dans un monde où le plus beau reste à faire ».
Ces vers sont souvent oubliés quand on résume la chanson à un cri de désespoir. Ils en font une chanson d'élan autant que de détresse : on peut avoir appelé dans le vide et continuer à courir, puisque le passage « Et je cours » revient juste après.
Comment cette face B de Balavoine est-elle devenue un classique ?
À sa sortie, la chanson n'est pas mise en avant. Comme le rappelle l'émission Pop Story de France Bleu (2019), elle paraît en face B du 45 tours de « L'Aziza », quelques mois seulement avant la disparition du chanteur, mort en janvier 1986 (Le Devoir). Le titre a ensuite vécu par ses reprises : Jeanne Mas, amie de Balavoine ; Lena Ka à la fin des années 1990, dans une version électro ; Grégory Lemarchal, enfin, qui la chante en direct à la Star Academy et la fait découvrir à toute une génération.

Quarante ans plus tard, ces messages sans destinataire parlent encore à tous ceux qui écrivent beaucoup et se sentent peu lus. Réécoutez-la en comptant les « Et je cours » : la chanson ne s'arrête jamais de courir. Pour situer le titre dans son œuvre, notre article sur ce que racontent les chansons les plus connues de Daniel Balavoine fait le tour de son répertoire, et l'histoire de « L'Aziza », la face A du même 45 tours, éclaire l'autre versant de son engagement.


