Luke Grimes : l’acteur de Kayce dans Yellowstone, devenu chanteur country

Guitariste barbu assis dans une plaine au crépuscule, jouant d'une guitare acoustique

C’est Luke Grimes qui joue Kayce Dutton dans Yellowstone, de la première saison en 2018 jusqu’au dernier épisode, en décembre 2024. Il a gardé le personnage : depuis mars 2026, il est le personnage principal de la suite diffusée sur CBS, Marshals. Eh oui, l’acteur et le chanteur que vous entendez sur les plateformes sont bien la même personne : Luke Grimes a sorti deux albums de country, un premier sans titre en mars 2024 et Redbird en avril 2026.

Reste à savoir ce que vaut cette musique, d’où elle vient, et si les comparaisons qu’on lui colle, Chris Stapleton d’un côté, Morgan Wallen de l’autre, tiennent debout.

Qui joue Kayce Dutton dans Yellowstone ?

Kayce est le fils cadet de John Dutton, le patriarche joué par Kevin Costner : un ancien Navy SEAL revenu au Montana, marié à Monica et tiraillé entre le ranch familial et la réserve voisine. Luke Grimes l’a tenu pendant cinq saisons sur Paramount Network. Le final, intitulé « Life Is a Promise », a été diffusé le 15 décembre 2024, comme le rappelle Variety.

La suite ne s’est pas fait attendre. Marshals, d’abord annoncée sous le nom Y: Marshals, a débuté sur CBS le 1er mars 2026 : Kayce y rejoint une unité de US Marshals au Montana, le ranch derrière lui. Le premier épisode a réuni 20,6 millions de téléspectateurs en sept jours selon les chiffres Nielsen communiqués par la chaîne, et CBS a renouvelé la série dès le 12 mars, après deux épisodes seulement (TheWrap). La saison 2 a commencé le 4 octobre 2026 ; les épisodes passent le dimanche à 20 heures, heure de New York, selon Paramount+. Grimes y est aussi producteur exécutif.

Un détail a surpris les fans : le premier épisode révèle que Monica, la femme de Kayce, est morte d’un cancer, un choix que le showrunner Spencer Hudnut a expliqué à The Hollywood Reporter.

Avant le ranch, quels rôles avait-il tenus ?

Luke Grimes n’est pas sorti de nulle part en 2018. On l’avait vu au cinéma dans American Sniper de Clint Eastwood, où il jouait Marc Lee, un Navy SEAL tué au combat en Irak, et dans la trilogie Cinquante nuances de Grey, où il était Elliot, le frère de Christian (The Hollywood Reporter avait annoncé son arrivée dans la distribution).

Le rôle le plus révélateur, pour qui s’intéresse au chanteur, est pourtant un échec. Grimes a tourné le pilote d’une série jamais commandée, Outlaw Country, tourné en 2010 et diffusé par FX comme téléfilm en 2012, une histoire de crime organisé à Nashville sur fond de musique. On lui a laissé écrire et enregistrer les chansons de son personnage : ce sont les premières qu’il ait jamais gravées, a-t-il raconté à Rolling Stone.

Luke Grimes chanteur : d’où vient sa country ?

Elle vient de Dayton, dans l’Ohio, et d’une maison de pasteur. Dans un entretien accordé à Rolling Stone en janvier 2022, il raconte un père qui avait grandi dans les Appalaches et qui, quand il ne prêchait pas, jouait du folk et du country-rock. Lui-même a tenu la batterie dans un groupe de country à Los Angeles, à l’époque de l’alt-country, avant d’être acteur à plein temps. Enfant, il avait le droit d’écouter Willie Nelson, Merle Haggard et Johnny Cash ; il cite aussi Townes Van Zandt. Son groupe de Los Angeles sonnait, dit-il, comme Wilco et Ryan Adams.

Fin 2022, il signe chez Universal Music Group Nashville, en association avec Range Music, la structure de son management. Ses disques paraissent chez Mercury Nashville et MCA, deux étiquettes du groupe, associées à Range Music. Derrière la console, toujours le même homme : Dave Cobb, producteur de tout ce que Grimes a publié.

Si l’on devait lui prêter une phrase pour résumer sa double vie, ce serait celle-ci : « Kayce, c’est le type sur le cheval. Moi, je suis celui qui chante qu’il n’en a pas. » Elle dit assez bien la distance qu’il garde entre le cow-boy de fiction et l’homme de « No Horse to Ride ».

Quelles sont les chansons de Luke Grimes à écouter d’abord ?

Son catalogue est encore court, ce qui aide. Voici les titres qui racontent le mieux son parcours, dans l’ordre où ils sont arrivés :

  • « No Horse to Ride » (16 décembre 2022) : le premier single, écrit avec Tony Lane et Jonathan Singleton. Une ballade acoustique, sans artifice de production. Elle a démarré à la 7e place des ventes de titres country du Billboard.
  • « Oh Ohio » (mars 2023) : la chanson du départ, coécrite avec Jessi Alexander et Jon Randall. Grimes, parti de Dayton depuis plus de vingt ans, la décrit comme une rupture avec un endroit qui n’est plus tout à fait chez lui.
  • « Hold On » (avril 2023) : une chanson de Foy Vance et Ilsey Juber que Vance lui a proposée, la seule de cette liste qu’il n’a pas coécrite. Une version en duo avec Vance a suivi en août.
  • « Ghost of Who We Were » (2023) : coécrite avec Rodney Clawson et Nicolle Galyon, parue sur l’EP Pain Pills or Pews puis reprise sur le premier album.
  • « Burn » (2023) : coécrit avec Randy Montana et Josh Thompson, paru sur l’EP Pain Pills or Pews, il ouvre ensuite le premier album.
  • « Love You Now » (13 février 2026) : le premier extrait de Redbird.
  • « Haunted » (2026) : sorti avant l’album et entendu dans Marshals, où le chanteur rejoint enfin le personnage.

Le premier single, en audio officiel :

Luke Grimes, « No Horse to Ride », audio officiel (Luke Grimes VEVO)

Le premier album se referme sur « Worst of Me », une chanson de Hayes Carll. Le choix le range du côté des conteurs texans, pas des tubes de stade. Redbird va plus loin dans l’écriture : huit titres sur dix sont signés avec Dave Cobb et Jessie Jo Dillon. Grimes le décrit, dans le communiqué de sortie, comme une expérience « cathartique ».

Le nouveau Chris Stapleton ?

La comparaison repose d’abord sur un homme : Dave Cobb. C’est lui qui a coproduit Traveller, le premier album solo de Stapleton, sorti le 5 mai 2015 chez Mercury et enregistré au RCA Studio A, raconte Billboard. Même producteur, même maison de disques au départ, même studio pour une partie de Redbird et pour Traveller.

Le reste ne se ressemble guère. Stapleton est arrivé à Traveller avec plus de dix ans d’écriture pour les autres, de George Strait à Luke Bryan, et un passage au chant dans le groupe de bluegrass The SteelDrivers. Sa voix est une force : elle monte, elle casse, elle remplit la pièce. Celle de Grimes reste dans le registre grave et ne force jamais. Rolling Stone l’a résumé d’une phrase reprise par son label : Kayce Dutton sait vraiment chanter, et sans accent de cow-boy fabriqué. « Nouveau Stapleton » promet une puissance que Grimes ne cherche pas.

Un rival de Morgan Wallen, vraiment ?

Pas davantage. Morgan Wallen joue dans la catégorie de la country grand public, celle des radios et des stades, avec une production pensée pour le refrain. Luke Grimes a choisi l’autre rive. Quand Apple Music présente Redbird, elle le rapproche de Hayes Carll et de Ryan Bingham, pas de Wallen. Bingham, lui aussi, est passé par Yellowstone, où il jouait Walker, et Grimes a signé avec la même équipe de management que lui. Notre comparaison entre Ryan Bingham et Chris Stapleton aide d’ailleurs à situer où Grimes se place, quelque part entre les deux, plus près du premier.

Il serait plus juste de parler de cousinage avec la série elle-même. Yellowstone a servi de vitrine à toute une country plus rugueuse que celle des classements, et la question de savoir si Yellowstone a vraiment relancé la musique country mérite un article à part. Grimes en est l’exemple le plus direct : un acteur que des millions de gens voyaient chaque semaine à cheval, et qui a choisi de chanter la solitude plutôt que la fête.

Où en est-il en 2026 ?

À l’écran, il est plus visible que jamais : Marshals est construite autour de lui, et la saison 2 est en cours de diffusion aux États-Unis. Côté musique, deux albums en deux ans, un producteur fidèle, des tournées en tête d’affiche et des passages dans des festivals comme Stagecoach. Le titre de la première version de cet article lui promettait une révolution de la country ; il s’est plutôt fait une place modeste, qu’il creuse d’album en album.

Le plus simple, maintenant, est de réécouter « No Horse to Ride » en pensant à ce pilote raté d’Outlaw Country : un acteur qui n’avait jamais enregistré une chanson, et qui pose ici sa voix sur un homme qui n’a plus de cheval à monter. Puis de passer à l’article sur les chanteurs de Yellowstone et la country, pour mesurer ce que la série a vraiment fait à la musique des autres.

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