Helldebert : Enfantillages 666 d'Aldebert, titres et invités

Enfant avec un casque antibruit sur les épaules d'un adulte, face à une scène de concert éclairée en violet

Helldebert : Enfantillages 666 est l'album rock et metal qu'Aldebert a sorti au printemps 2024 chez Sony, signé par son « jumeau maléfique » Helldebert. Le disque va de « Rock 'n' roll » à « À mort la vie », avec des invités venus du metal comme Serj Tankian, Max et Igor Amadeus Cavalera ou Johan Hegg, mais aussi -M- et Amélie Nothomb. Voici la liste des chansons, qui chante avec lui et ce que racontent ces morceaux.

Quelles sont les chansons d'Enfantillages 666 ?

Le disque catalogué par les bibliothèques de la Ville de Paris réunit ces titres :

  • Rock 'n' roll
  • Le cartel des cartables
  • Les derniers pirates
  • La marche du monde
  • Guitar hero
  • Super momie
  • L'apprentie sorcière
  • La sorcière
  • Ça vaut des points
  • Seum 51
  • La princesse
  • Le temps de vivre
  • Croque-mitaine
  • Dr Terreur
  • À mort la vie

Et la version deluxe que proposent les plateformes d'écoute ? Elle porte le même titre, mais je n'ai trouvé aucune source officielle qui détaille ce qu'elle ajoute au disque. Plutôt que d'inventer des pistes bonus, je m'en tiens à cette liste : comparez-la avec celle de votre plateforme, la différence vous dira ce que contient l'édition deluxe.

Un titre a ouvert la marche bien avant l'album. « Seum 51 » est sorti en single le 31 octobre 2023, jour d'Halloween, rappelle ICI, qui consacrait sa journée du 26 avril 2024 à la sortie du disque.

Qui sont les invités d'Aldebert sur l'album ?

La liste des participants, dans cette même notice, ressemble à l'affiche d'un festival. On y trouve Serj Tankian, chanteur de System of a Down, Max et Igor Amadeus Cavalera, Johan Hegg, Yarol Poupaud, -M-, Mouss, Fetus, Stéphane Buriez ou Frédéric Leclercq. Et une invitée qu'on n'attend pas sur un disque de metal : la romancière Amélie Nothomb.

Pour deux chansons au moins, on sait qui fait quoi. Sur « Le cartel des cartables », ce sont Max et Igor Amadeus Cavalera, d'après la présentation de l'émission Décibels (ICI, 3 mai 2024). Sur « La marche du monde », Amélie Nothomb ne chante pas : elle slame, raconte la RTBF. Pour les autres titres, les sources que j'ai pu lire ne précisent pas qui intervient où ; je préfère le dire que d'attribuer une voix au hasard.

Le clip du « Cartel des cartables », avec les frères Cavalera :

Aldebert, « Le cartel des cartables », clip officiel avec Max et Igor Cavalera (Aldebert VEVO)

Des comptines aux sujets lourds : de quoi parlent ces chansons ?

On aurait tort de prendre l'album pour une parodie avec des guitares fortes. La RTBF le dit sans détour : ce n'est pas une parodie. On est loin des détournements façon Marseillaise passée au metal. Et Aldebert y range, à côté des sujets légers, des thèmes qu'on n'entend pas souvent dans un disque pour enfants.

Les bibliothécaires jeunesse de Paris, qui en ont fait un coup de cœur, en dressent l'inventaire. D'un côté, les monstres, les pirates et les parents débordés : on devine « Croque-mitaine », « Dr Terreur » ou « Les derniers pirates » rien qu'à leur titre. De l'autre, le harcèlement scolaire, les conflits dans le monde et l'égalité entre filles et garçons. « La marche du monde », celle d'Amélie Nothomb, parle de la guerre. Quant au harcèlement, la RTBF précise qu'Aldebert l'a écrit avec « le chanteur de Sepultura ».

Relisez un titre comme « À mort la vie ». Sur la pochette d'un groupe de black metal, il sonnerait comme une menace. Le titre seul joue sur les deux sens : le cri du metal, et peut-être, derrière, l'envie de vivre à fond.

Pourquoi Aldebert a-t-il fait un album de metal pour enfants ?

Parce que l'idée le travaillait depuis le début. « Ça infuse depuis bien longtemps », dit-il sur ICI, en rappelant qu'il avait déjà glissé des clins d'œil au rock dans ses albums précédents. Le metal, il l'a découvert à l'adolescence, et ses parents, confie-t-il à la RTBF, n'y étaient « pas du tout intéressés ».

Sa conviction tient en une phrase : « Les enfants sont naturellement rock and roll. » Il voit une passerelle d'énergie entre eux et cette musique, qui « se vit physiquement » et sert d'exutoire aux angoisses et aux colères. Chez lui, dans la voiture, il passe « du Brassens et du Slayer » à ses enfants. On l'imagine sans peine répondre, à un parent sceptique, une phrase de ce genre (je l'invente) : « Votre fils hurle déjà quand il perd au foot. Je lui donne juste un refrain. »

Ceux qui l'inquiètent, ce ne sont pas les enfants. « Je suis plus inquiet par rapport aux parents », explique-t-il dans Décibels : les enfants, il les voit réagir sur scène, alors que les adultes, eux, sont « déjà dans des compartiments ». Le metal souffre selon lui d'une image vieillotte, et c'est aussi elle qu'il veut bousculer. La question de savoir si l'album convient vraiment aux plus jeunes a fait débat ; elle a son propre article : notre article sur les parents en colère face à Enfantillages 666.

Du disque à la scène : Helldebert en concert

L'album a très vite pris la route. Aldebert était attendu au Hellfest Kids le 26 juin 2024, avec une tournée française lancée le 25 mai, selon Brut, qui l'a filmé animant un atelier metal avec des enfants à l'école Poum Poum Tchak, à Paris. À l'automne, la Philharmonie de Paris a accueilli le spectacle du 31 octobre au 2 novembre 2024, conseillé dès 6 ans. Sur scène, d'anciennes chansons comme « Pour louper l'école » ou « Assis soient-ils » ressortent en version cheveux longs et vestes en cuir noir, à côté des nouveaux titres.

Pour qui veut comprendre d'où vient ce goût pour les guitares saturées, il y a la face metal d'Aldebert, racontée avant Helldebert. Et si vous réécoutiez l'album dans l'ordre, sans regarder les titres, pour deviner quel morceau parle de guerre et lequel parle de pirates ?

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