Qu'est-ce qu'un riff en musique ? Définition et exemples
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Un riff est un court motif musical répété qui sert d'ossature à un morceau : quelques notes ou quelques accords, le plus souvent à la guitare ou à la basse, que l'on reconnaît avant même la première parole. Celui de « Satisfaction », des Rolling Stones, tient en une poignée de notes. Celui de « Seven Nation Army », des White Stripes, en sept. Il revient tout au long du morceau, et c'est à ce retour qu'on le reconnaît.
Le mot vient du jazz, il a fait fortune dans le rock, et il désigne quelque chose de précis. Voici comment le repérer, d'où il vient, ce qui le sépare d'un solo ou d'un lick, et comment jouer un premier riff sur votre instrument.
Riff : la définition en musique
Une fiche d'écoute de l'Académie de Lyon en donne la version la plus nette : un riff est un « court motif musical joué de manière répétitive ». La fiche dit l'essentiel en deux mots : court et répétitif. Le motif tourne en boucle, en introduction, sous les couplets, parfois du premier au dernier accord. On peut ajouter une troisième qualité, qui tient à l'écoute plutôt qu'au dictionnaire : son rythme compte autant que ses notes, si bien qu'on le fredonne sans savoir quelles notes il contient.
Un riff peut être une ligne de notes seules, comme « Seven Nation Army », ou une suite d'accords plaqués. Dans le rock, ces accords sont souvent des power chords : des accords réduits à deux notes différentes, la fondamentale et sa quinte, qui sonnent massifs une fois saturés. La guitare n'en a pas le monopole. Une ligne de basse, une phrase de cuivres, un motif de synthétiseur ou de violon peuvent jouer le même rôle.
D'où vient le mot ? Des cuivres du jazz swing
Avant d'être une affaire de guitaristes, le riff appartenait aux grands orchestres de jazz. Dans le swing des années 1930, les sections de cuivres lançaient des phrases brèves et répétées, en réponse aux saxophones ou derrière un soliste qui improvisait par-dessus.
« In the Mood », enregistré par l'orchestre de Glenn Miller en 1939, le fait entendre sans détour. La même fiche de l'Académie de Lyon le décompose : le thème alterne quatre fois un arpège aux saxophones et un riff aux cuivres, un riff de deux coups que les élèves sont invités à marquer d'un « pam pam ». Deux coups, pas plus.

Des cuivres à la guitare saturée : Stones, Deep Purple, White Stripes
Au printemps 1965, Keith Richards se réveille en pleine nuit avec une phrase en tête. Un magnétophone à cassette est posé près du lit, avec une guitare acoustique. Il enregistre et se rendort. Le lendemain, la bande contient une trentaine de secondes du riff de « Satisfaction », puis, selon ses propres mots rapportés par Rolling Stone, lui en train de ronfler.
Richards entendait ce motif joué par des cuivres. Aux studios RCA d'Hollywood, il branche sa guitare dans une Maestro Fuzz-Tone de Gibson, une pédale de saturation, pour esquisser la partie que des cuivres devaient doubler plus tard. Lui trouve le son trop gadget ; le reste du groupe et leur manager, Andrew Loog Oldham, gardent la prise. Le motif prévu pour des cuivres sort donc dans le grain râpeux d'une guitare, et c'est ce son que l'on fredonne depuis soixante ans.
Le 4 décembre 1971, le casino de Montreux brûle pendant un concert de Frank Zappa. Deep Purple, venu en Suisse enregistrer l'album qui sortira en 1972 sous le titre « Machine Head », regarde la fumée s'étendre sur le lac Léman, comme l'a raconté la radio publique américaine NPR. La chanson qui en naît, « Smoke on the Water », repose sur un riff de Ritchie Blackmore fait de deux notes jouées ensemble, sur deux cordes voisines. Selon NPR, ce riff a ensuite été copié par d'innombrables groupes de reprises et guitaristes adolescents.
En 2003, sur l'album « Elephant », Jack White pousse l'économie plus loin. Le riff de « Seven Nation Army » se joue note par note, à la guitare, à travers une pédale Whammy réglée une octave plus bas : on croit entendre une basse, il n'y en a pas. Depuis le milieu des années 2000, les supporters de football le chantent dans les stades, sans paroles.
Riff, lick, solo, ostinato : quelles différences ?
Ces mots se croisent souvent dans les méthodes et les forums. Ce qui les sépare, c'est le rôle du motif dans le morceau, et surtout le fait qu'il soit répété ou non.
| Terme | Ce que c'est | Répété ? | Exemple |
|---|---|---|---|
| Riff | Motif court qui structure le morceau | Oui, en boucle | « Satisfaction », Rolling Stones |
| Lick | Petite phrase glissée dans un solo ou entre deux vers chantés | Pas forcément | Les phrases de guitare entre deux vers d'un blues |
| Solo | Passage où un instrument passe au premier plan, souvent improvisé | Non | Les solos de saxophone et de trompette d'« In the Mood » |
| Ostinato | Terme de la musique savante pour un motif répété obstinément | Oui, tout du long | Le rythme de caisse claire du « Boléro » de Ravel |
La frontière entre riff et ostinato tient surtout au vocabulaire : le premier vient du jazz et du rock, le second de la musique classique. Entre riff et ligne de basse, elle est encore plus mince. Une basse qui répète le même motif sous tout un morceau devient le riff, et le placement rythmique, détaillé dans notre article pour améliorer son groove à la basse, compte autant que le choix des notes.
Pourquoi ces quelques notes restent-elles en tête ?
Les riffs qui ont traversé les décennies partagent quelques traits simples. Ils comptent peu de notes, comme « Seven Nation Army » ou « Smoke on the Water ». Ils arrivent tôt, souvent seuls, avant la voix, ce qui les grave dans l'oreille avant même le premier couplet. Leur rythme est marqué, avec des silences placés au bon endroit, et ils se répètent assez pour qu'on puisse les chanter à la deuxième écoute.
Le timbre compte aussi. La saturation de « Smoke on the Water », l'octave grave de « Seven Nation Army » : à chaque fois, le son est aussi identifiable que la mélodie. Il faut pourtant dire la limite. Un riff ne fait pas une chanson à lui seul, et bien des morceaux n'en ont aucun, portés par un texte, une voix ou une grille d'accords.
Comment jouer un premier riff à la guitare ?
Le plus simple est de commencer par les riffs cités plus haut, dans un ordre qui ajoute une difficulté à la fois.
- Une seule ligne de notes : « Seven Nation Army » se joue sur une corde, avec les notes mi, mi, sol, mi, ré, do, si. Jouez-le lentement, puis en boucle, sans vous arrêter entre deux tours : c'est la boucle qui fait le riff.
- Deux notes à la fois : « Smoke on the Water » se joue sur deux cordes voisines, à la quarte. Il apprend à frapper ces deux cordes ensemble en étouffant les autres.
- Le rythme avant la vitesse : comptez les temps à voix haute. Un riff joué vite mais en décalage ne ressemble plus à rien.
- Votre propre riff : prenez la gamme pentatonique mineure, cinq notes, choisissez-en quatre ou cinq, ajoutez un silence, et répétez le motif jusqu'à ce qu'il tienne seul.
Pour le son, une guitare électrique branchée sur un ampli réglé en clair suffit pour apprendre. Le grain saturé des riffs de rock vient ensuite d'une pédale de distorsion, ou d'un fuzz comme celui de « Satisfaction ». La Turbo RAT de Proco en est un exemple : selon la fiche du marchand, c'est une évolution de la RAT pensée pour ceux qui veulent plus de gain et plus de niveau de sortie. Une pédale de ce type se branche entre la guitare et l'ampli ; pour choisir ce dernier, voyez notre article pour choisir l'amplificateur de votre guitare électrique.
Réécouter « Satisfaction » en suivant la guitare sous la voix
Remettez le morceau, et ne lâchez pas la guitare quand Mick Jagger commence à chanter. Repérez où le motif revient sous la voix : c'est ce motif que Keith Richards destinait à des cuivres. Ailleurs, le riff se passe de guitare : notre article sur les riffs de violon de Louise Attaque le montre chez un groupe français. Si une chanson vous intrigue à votre tour, par son riff ou par ses paroles, écrivez-moi : elle fera peut-être l'objet d'un prochain article.



