Charlie Parker : quels disques écouter en premier ?
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Charlie Parker, surnommé Bird, est le saxophoniste alto qui a posé, avec le trompettiste Dizzy Gillespie, les bases du bebop au milieu des années 1940. Né le 29 août 1920 à Kansas City, mort à New York le 12 mars 1955, à 34 ans, il a laissé l'essentiel de son œuvre sur des 78 tours de trois minutes. Pour l'entendre, cinq disques suffisent, de la séance Savoy de 1945 au concert de Massey Hall en 1953.
Le bebop, c'est un jazz fait pour être écouté plus que dansé : tempos rapides, harmonies enrichies, thème joué à l'unisson, puis de longues improvisations.
Quel instrument jouait Charlie Parker ?
Le saxophone alto, en mi bémol, plus aigu que le ténor. Parker apprend le métier dans les clubs de Kansas City, en écoutant des solistes comme Lester Young. Son surnom date de ces années : « Yardbird », raccourci en « Bird », pendant ses tournées avec l'orchestre de Jay McShann. Le club new-yorkais Birdland, ouvert en 1949, porte son nom.
Sur les photos du concert de Massey Hall, à Toronto, Parker joue un alto Grafton en plastique, couleur crème, loin du laiton habituel. Le saxophone lui-même a connu pire, comme le raconte notre article sur les pays qui ont interdit le saxophone.
Pourquoi parler de séances plutôt que d'albums ?
Du vivant de Parker, l'album existe à peine : chaque morceau gravé en studio sort sur une face de 78 tours, et les disques vendus sous son nom rassemblent ensuite ces faces. Bird and Diz le montre bien : enregistré pour l'essentiel à New York le 6 juin 1950, il paraît en 1952 en 25 cm chez Clef, le label de Norman Granz, en réunissant des 78 tours déjà publiés.
Pour chercher la musique de Charlie Parker, partez d'un titre et d'une date, pas d'une pochette : les intégrales Savoy et Dial reprennent ces séances, prises alternatives comprises.

Quels disques de Charlie Parker écouter en premier ?
| Séance ou disque | Date, label | Avec | À écouter |
|---|---|---|---|
| Charlie Parker's Reboppers | 26 novembre 1945, Savoy | Miles Davis, Dizzy Gillespie, Curley Russell, Max Roach | « Ko-Ko », « Now's the Time », « Billie's Bounce » |
| Septette, à Hollywood | 28 mars 1946, Dial | Miles Davis, Lucky Thompson, Dodo Marmarosa | « Ornithology » |
| Charlie Parker with Strings | 30 novembre 1949, Mercury | Ray Brown, Buddy Rich, Mitch Miller au hautbois, des cordes | « Just Friends », « Summertime », « April in Paris » |
| Bird and Diz | 6 juin 1950, Clef | Gillespie, Monk, Russell, Rich | « Bloomdido », « Leap Frog » |
| Jazz at Massey Hall | 15 mai 1953, Debut | Gillespie, Bud Powell, Charles Mingus, Max Roach | le concert entier |
La séance Dial du 29 juillet 1946 se réserve pour plus tard. Parker y enregistre « Lover Man » au bord de l'effondrement, puis passe six mois à l'hôpital psychiatrique de Camarillo, en Californie ; à sa sortie, il grave « Relaxin' at Camarillo ».
Le disque avec cordes est entré au Grammy Hall of Fame en 1988. À Massey Hall, la pochette originale ne porte pas son nom : pour des raisons de contrat, il y est crédité « Charlie Chan », clin d'œil à un détective de fiction et au prénom de sa compagne, Chan Parker. Au piano, Bud Powell, que l'on retrouve parmi les pianistes les plus influents du jazz moderne.
Les morceaux de Parker cachent-ils d'autres chansons ?
Souvent, oui. Plusieurs chansons de Charlie Parker sont des mélodies neuves posées sur les accords d'un standard. « Ko-Ko » reprend la grille de « Cherokee », de Ray Noble : le producteur Teddy Reig, raconte-t-on, refusait de payer des droits sur l'original. « Ornithology », signée Parker et Benny Harris, court sur les accords de « How High the Moon ».
Les accords d'un autre, mais pas sa phrase. Et quand ce n'est pas une chanson, c'est le blues : « Now's the Time » et « Billie's Bounce », gravés le même jour de 1945, sont des blues en douze mesures.
Mettez « Cherokee », puis « Ko-Ko » sans pause : même grille, et l'on n'y reconnaît plus rien. Ce tempo vous a semblé intenable ? Il se travaille, comme les rythmes complexes en jazz.


