Balance son avant un concert : comment bien la faire ?
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Faire la balance, c'est régler le son de chaque instrument et de chaque voix avant l'arrivée du public, au volume du concert. Elle se joue sur deux tableaux : la façade, c'est-à-dire ce que la salle entendra, et les retours, ce que les musiciens entendent sur scène. On passe instrument par instrument, puis on joue un ou deux morceaux ensemble pour vérifier que tout tient.
Que veut dire « faire la balance » en musique ?
Le mot vient de l'équilibre à trouver. Sur la console, chaque micro occupe une voie dont l'ingénieur du son règle le niveau et l'égalisation, pour que la voix passe au-dessus des guitares sans que la batterie disparaisse. Rien à voir avec le line check, qui vérifie seulement que chaque voie reçoit un signal : la balance demande du temps, et votre jeu.
Comment préparer la balance son avant d'arriver dans la salle ?
Une balance se gagne la veille. Envoyez à l'organisateur votre fiche technique : la liste des entrées (chaque micro, chaque instrument branché, numérotés), le plan de scène qui montre qui joue où, et le nombre de retours souhaités. La scène est câblée avant votre arrivée, et la balance sert à écouter, pas à chercher une prise.
Arrivez aussi avec des instruments réglés : une caisse claire qui résonne mal ne se corrige pas à la console, il faut accorder chaque fût de la batterie avant. Et une routine d'échauffement vocal évite de régler un micro sur une voix encore froide.
Dans quel ordre passent les instruments ?
L'ordre varie selon les salles, mais part souvent des instruments les plus graves et les plus forts :
- La batterie, fût par fût (grosse caisse, caisse claire, toms, cymbales), puis tout le kit en jouant un rythme.
- La basse, seule puis avec la batterie, pour caler la rythmique.
- Les guitares et les claviers, avec le son et les effets du concert.
- Les voix, lead puis chœurs, sur les passages les plus forts et les plus doux.
- Un ou deux morceaux en entier, puis les retours.
Pendant que les autres passent, taisez-vous. Un accord lancé pendant le réglage du tom basse oblige l'ingénieur à recommencer, et c'est votre temps de jeu qui fond.

Comment obtenir un bon son de retour sur scène ?
Le retour, c'est votre écoute : ce que la salle entend ne vous parvient pas. Écoutez d'abord, puis demandez une chose à la fois, avec des mots simples : « plus de voix dans mon retour », « moins de guitare ». « Ça sonne bizarre » ne donne aucune piste.
Méfiez-vous du réflexe de tout monter. Plus les retours poussent, plus le larsen menace : ce sifflement naît quand un micro capte l'enceinte qui le diffuse et que la boucle s'emballe. Signalez-le sans couvrir le micro avec la main, ce qui l'aggrave souvent.
Les retours intra-auriculaires remplacent l'enceinte par des écouteurs : un émetteur relié à la console envoie votre mixage sans fil à un récepteur de poche. Moins de volume sur scène, et un son qui ne change pas quand vous bougez. Le pack Shure PSM 300 Premium présenté ici inclut des écouteurs SE215, selon la fiche du marchand ; le Xvive U4, plus compact, se présente selon sa fiche comme une alternative aux retours au sol. Faites confirmer au vendeur que la plage de fréquences du modèle est autorisée en France.





Quel matériel apporter pour une balance sans accroc ?
Des câbles de rechange, des piles ou des alimentations pour les pédales, des cordes, des baguettes, et un accordeur que vous pouvez lire en pleine lumière comme dans le noir. La plupart des accordeurs en pédale coupent le son quand on les enclenche : vous vous réaccordez entre deux morceaux sans que la salle entende rien. Le Polytune 3 de TC Electronic affiche toutes les cordes d'un coup, selon la fiche du marchand ; le Boss TU-3s et le Peterson StroboStomp Mini sont d'autres options pour le pédalier. Sans pédalier, un accordeur à pince comme le Boss TU-10 se fixe sur la tête de l'instrument.




Jusqu'où le son peut-il monter dans la salle ?
Pas aussi haut que l'on veut. Depuis 2017, dans tout lieu ouvert au public où le son amplifié est fort (salle, bar, festival en plein air), l'article R1336-1 du Code de la santé publique limite le niveau à 102 décibels pondérés A et 118 décibels pondérés C, mesurés en moyenne sur quinze minutes, en tout endroit accessible au public. L'ingénieur règle donc sa façade sous ce plafond : un guitariste qui pousse son ampli sur scène lui retire de la marge. Vos oreilles, elles, n'ont aucun afficheur : des bouchons pour musicien servent pendant la balance autant que pendant le set.
La prochaine fois que vous serez dans le public, arrivez tôt et écoutez derrière les portes fermées : un tom, une basse, une voix qui répète la même phrase. Et pour ce travail à l'échelle d'un stade, lisez comment les ingénieurs amplifient le son au Stade de France sans saturer.


