Exercices de voix : une routine d'échauffement en six étapes

Jeune femme les yeux fermés, une paille aux lèvres, qui s'échauffe la voix devant un piano droit

Les exercices de voix les plus simples s'organisent en une routine d'échauffement de six étapes, du plus doux au plus exigeant : détendre le corps, réveiller le souffle, faire vibrer la voix bouche presque fermée, l'étirer en sirènes, chanter des vocalises, puis articuler. Quelques minutes suffisent, et l'on s'arrête dès qu'une gêne apparaît.

Dans quel ordre enchaîner ses exercices de voix ?

Commencez doucement : une voix froide lancée d'emblée dans l'aigu se crispe. La progression :

  1. le corps : relâcher la nuque, les épaules, la mâchoire, trouver ses appuis ;
  2. le souffle : sentir l'air sortir longtemps, régulièrement ;
  3. les sons à bouche presque fermée : « hum », lèvres qui vibrent, paille ;
  4. les sirènes, du grave à l'aigu et retour ;
  5. les vocalises sur quelques notes ;
  6. l'articulation, avec des virelangues.

La fiche « Préparation corporelle et échauffement vocal » (Éducation nationale, mai 2017) suit le même mouvement, du corps au souffle puis à la voix. Elle précise que cette étape ne dépasse pas les premières minutes de la séance et que chaque exercice a un but précis : on en choisit quelques-uns selon le jour et le morceau.

Détendre le corps avant le premier son

Un cou raide serre la voix. Bâillez franchement, étirez-vous, haussez puis relâchez les épaules. Massez la nuque et les joues, faites semblant de mâcher, tirez quelques grimaces pour libérer la mâchoire, puis tapotez du bout des doigts le visage et le crâne, ce que la fiche ministérielle appelle l'éveil des résonateurs. Finissez debout, en faisant passer le poids d'un pied à l'autre, la tête posée en équilibre sur les épaules.

Réveiller le souffle : expirer longtemps et régulièrement

Expirez sur des « ffff » et des « ch », d'abord en continu, puis saccadés, plus ou moins vite : le ventre travaille, la gorge reste tranquille. Pensez ensuite à une bougie dont vous voulez faire trembler la flamme le plus longtemps possible sans l'éteindre. Cette image, tirée de la même fiche, apprend à doser l'air. La respiration chantée a son propre entraînement, détaillé dans les secrets de respiration des chanteurs lyriques.

Quels exercices d'échauffement vocal faire bouche fermée ?

Lèvres fermées, dents légèrement desserrées, chantez un « hum » sur une note confortable de votre voix parlée, sans chercher le volume. Les lèvres et le nez vibrent. Faites ensuite glisser ce « hum » sur quelques notes.

Même principe avec les lèvres qui vibrent : le « brrr » d'un enfant qui imite un moteur, sur lequel on fait monter et descendre la voix. Puis la paille : chantez à travers une paille ordinaire, les lèvres serrées autour. Le phoniatre Benoît Amy de la Bretèque, qui a formé orthophonistes et chanteurs, a fait de cette « méthode de la paille », l'un des exercices dits à semi-occlusion, un outil de rééducation : la résistance opposée à la sortie de l'air modifie la pression qu'il faut pour faire vibrer les cordes vocales.

Sirènes et vocalises pour étirer sa tessiture

La tessiture, c'est l'étendue des notes que vous chantez confortablement. Pour l'élargir, faites des sirènes : partez du bas de la voix, montez en glissant jusqu'en haut, puis redescendez. Commencez sur un « ou » avant d'ouvrir sur un « a ».

Chanteuse assise à un piano numérique devant un micro, l'index levé, pendant une séance de chant
Une note de piano donne le point de départ de chaque vocalise.

Viennent alors les vocalises, ces petites formules chantées sur une voyelle. L'une des plus courantes monte et redescend cinq notes : do, ré, mi, fa, sol, fa, mi, ré, do. Chantez-la sur « mi », puis « mé », « ma », « mo », « mou », et reprenez-la un demi-ton plus haut à chaque fois, tant que la note du haut reste libre. Si vous ne savez pas encore si vous chantez juste, faites d'abord un test vocal rapide.

Articuler en dernier grâce aux virelangues

Dites « Les chaussettes de l'archiduchesse sont-elles sèches, archisèches ? », lentement puis plus vite. Enchaînez aussi « i, é, a, o, ou » sur une seule note tenue : la bouche change de forme, la note ne bouge pas.

Comment améliorer son endurance vocale ?

L'endurance vocale, c'est chanter longtemps sans que la voix se voile. Elle vient de la régularité plus que de la durée : quelques minutes de routine presque chaque jour, suivies d'un temps de chant que l'on allonge peu à peu. Buvez aussi de l'eau chaque jour, ce que recommande la fiche d'hygiène vocale pour chanteurs de Johns Hopkins Medicine, aux États-Unis, pour garder les cordes vocales humides.

Un exercice qui fait mal doit s'arrêter ; une voix enrouée depuis plus de trois semaines, ou plus tôt si elle s'accompagne d'une gêne pour respirer ou avaler, se montre à un ORL ou à un phoniatre, pas à une nouvelle série de vocalises.

D'où viennent les noms des notes do, ré, mi ?

La plupart de ces noms de notes ont près de mille ans. Au XIe siècle, pour apprendre plus vite les mélodies à ses chanteurs, le moine Guido d'Arezzo reprend le texte d'un hymne à saint Jean-Baptiste, Ut queant laxis, attribué au poète Paul Diacre. Il l'associe à une mélodie, peut-être de sa main, peut-être déjà chantée dans les écoles, où chaque demi-vers commence une note plus haut que le précédent. Les premières syllabes, ut, ré, mi, fa, sol, la, deviennent les noms des notes. Le « si » viendra bien plus tard, des initiales de Sancte Iohannes, et le « do » finira par remplacer « ut ».

Arrêtez-vous sur le premier vers : « Ut queant laxis resonare fibris ». Le texte demande que les serviteurs du saint puissent faire résonner ses merveilles de leurs voix déliées. Mot à mot, laxis veut dire « relâchées », mais l'hymne raconte plus loin l'histoire de Zacharie, le père de Jean, devenu muet et rendu à la parole quand il donne son nom à l'enfant. Le vœu est celui d'une voix libérée.

Chantez maintenant cette gamme seul, sans instrument qui vous soutienne : notre guide du chant a cappella et de ses premiers pas montre par où commencer.

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